Fondé il y a 20 ans par Rémi Boucher, l’événement « Les coups de théâtre » propose 22 spectacles en provenance de divers pays, dont 11 créations originales québécoises. Théâtre, danse, musique, l’événement couvre l’ensemble des arts de la scène. Pour la plupart, ils constitueront le premier vrai contact de l’enfant avec cet univers. « Ce sont des images fortes dont ils vont toujours se souvenir », croit Rémi Boucher.
Le festival constitue un lieu d’échange entre le public et les artistes, mais aussi entre les différents artisans. En effet, puisque le public se renouvelle constamment, il est d’autant plus important de rester à l’affût de ce qui se fait ailleurs. « Je trouvais qu’il y avait très peu de circulation des œuvres jeunesse, et ce, tant à l’international qu’au Québec. Il est très important de voir ce que les autres font dans le monde. Il s’agit d’un rendez-vous pour les professionnels de la scène jeunesse où chacun s’inspire du travail de l’autre», explique-t-il.
« Je ne suis pas difficile, je me contente que du meilleur ! »
À l’ère de la télécommande et des « machines à pitons », intéresser un jeune à la culture peut sembler une tâche ardue. Or, selon Rémi Boucher, les enfants constituent un public averti et exigeant. « Les jeunes n’ont pas cette patience-là [d’attendre le dénouement de l’histoire]. À l’inverse des adultes, ils veulent du concret. C’est là, tout de suite, maintenant ! Ils veulent savoir c’est quoi la fin de l’histoire. Ça oblige les auteurs à revenir à la base », explique celui qui a été directeur de la Maison Théâtre. Même si les spectacles destinés au public jeunesse durent, en moyenne, une heure, les acteurs sont « complètement vidés » après la représentation. « C’est un public très exigeant. On ne peut pas être médiocre, il faut être bon », affirme-t-il.
De plus, le théâtre offre un contact humain avec lequel la télévision et autres technologies ne peuvent rivaliser. D’une représentation à l’autre, l’ambiance varie. « Les jeunes donnent une autre énergie à la salle », estime Rémi Boucher. Alors que les écoles constituent une partie importante du public, il arrive que certains parents décident d’accompagner leurs enfants au théâtre. « Il y a alors une belle complicité qui se développe entre eux. Il y a deux lectures très différentes d’un même texte. C’est très stimulant pour nous », ajoute-t-il.
Pas juste du théâtre de marionnettes !
Même s’il offre une programmation destinée au jeune public, Rémi Boucher prend son rôle très au sérieux. Il fait preuve de rigueur lorsqu’il assure la direction artistique de son festival. « Ce sont des personnes en évolution et en développement. Il faut les prendre où ils sont rendus. Ce n’est pas parce que c’est des enfants que c’est moins important », clame-t-il. Ainsi, il s’efforce de trouver des œuvres différentes qui parlent aux jeunes et qui leur inculquent de nouvelles valeurs.
Parmi les coups de cœur du directeur artistique, notons « A dance tribute to the art of football » – un spectacle de danse inspiré du soccer – , « Les mécaniques célestes » – un spectacle-installation muet –, « Princesse K » – œuvre théâtrale – , « Projet pupitre » – musique contemporaine produite avec des effets scolaires – et « We dance to forget » – spectacle de danse et DJ. « À Montréal, le public est curieux, il veut voir des choses qui sortent de l’ordinaire », conclut-il.
Pour consulter la programmation, visitez le site Internet du festival
