Ce conte pour enfants, André Richard l'a sorti de derrière les fagots. « J'ai toujours écrit. Un jour, j'ai décidé d'aller fouiller dans ma boîte et j'en suis ressorti avec l'histoire de Piquette », raconte Fanfan Dédé. Piquette est un chat de gouttière qui rôde dans une ruelle de l'est de Montréal, entre les rues Dézéry, Saint-Germain, de Rouen et Ontario, un secteur où le comédien a vécu pendant plusieurs années.
« Tout ce que ce matou a mangé, c'est l'ombre d'une arête de poisson. Un jour, il aperçoit Claire, une truite de Rimouski, dans son papier d'aluminium, sur un comptoir de cuisine. Ils se lient d'amitié et finiront ensemble sur le bord du lac Joyeux. Mais libre aux enfants de changer la fin ! », lance l'auteur.
Avec ce conte, il avoue avoir laissé libre cours à son imagination débridée et au côté adolescent attardé qu'il possède encore aujourd'hui à 70 ans.
Cet ancien étudiant en sciences politiques s'est lancé dans le théâtre amateur avec Les Apprentis-sorciers, troupe fondée en 1955 par Jean-Guy Sabourin, et a travaillé avec Jean-Pierre Ronfard. Il a été assistant réalisateur à Radio-Canada et a dirigé le Théâtre Ville-Marie avant de partir user les planches en France pendant plusieurs années.
De retour à Montréal, il remplace Monsieur Surprise à Télé-Métropole (l'ancêtre de TVA) avant de se voir proposer d'animer sa propre émission. Il crée alors le personnage de Fanfan Dédé, avec lequel il cohabitera durant une dizaine d'années en ondes. Auteur, compositeur, animateur et recherchiste, il partage la scène avec quatre enfants qui coaniment le programme.
« C'était une émission où les enfants étaient rois. Le but était d'apprendre en s'amusant », se souvient-il avec bonheur. « On laissait aller notre imagination en toute liberté. J'avais une relation directe avec les jeunes téléspectateurs, qui pouvaient téléphoner au cours de l'émission. Un jour, ils ont voulu me mettre un pédagogue dans les pattes. Je suis monté à la direction et j'ai dit: "C'est moi ou lui !" » André Richard a remporté plusieurs prix avec son émission, dont un prix d'excellence du ministère de l'Éducation.
Homme de théâtre et de radio, il a travaillé avec le regretté Pierre Bourgault à CKAC. Il a produit plusieurs spectacles. On l'a vu notamment dans Charbonneau et le chef, chez Jean-Duceppe, en 2004. Il a participé également au spectacle Eclyps monté par l'auteur jeunesse Bryan Perro.
En début d'année prochaine, il publiera une nouvelle pour adultes, intitulée Hier, j'ai marché 15 jours, qui relate les pérégrinations d'un flâneur sur la rue Saint-Denis.
Le comédien a élu domicile sur le Plateau, il y a une dizaine d'années, coin Chambord et Gilford, après avoir vécu à Outremont. « Il y a une symbiose entre le Plateau et moi. Je n'ai pas de voiture et je n'en veux pas. J'aime me lever tôt le matin pour aller chercher ma ficelle, mon journal et m'installer devant un petit-déjeuner avec six sortes de fromages. Je suis chez moi ici. J'ai voyagé partout dans le monde et je suis très bien sur le Plateau. »
Pour manger: Le Pistou (1453, Mont-Royal Est). Je m'y sens comme chez moi. C'est mon p'tit coin. J'y suis bien.
Pour flâner: sur l'avenue du Mont-Royal, pour m'arrêter parler avec les gens que je croise, ou sur la rue Laurier, où j'ai mes petits magasins, ma boulangerie, et ma charcuterie préférée, Le pied de cochon. J'ai gardé une vieille habitude d'Europe de faire mon épicerie au jour le jour. Les petites boutiques du Plateau sont parfaites pour cela, on y trouve de tout à portée de marche.
Pour lire: sur mon balcon, avec en fond sonore, les bruits de la cour d'école d'à côté.
À découvrir: le marchand marocain au coin de Chambord et Laurier.
À fuir: le coin Papineau et Mont-Royal à 5 h du soir. Propos recueillis par Carole le Hirez

