J’aimerais vous raconter un tout petit scandale que je vis présentement et qui illustre bien comment les artistes sont parfois traités par certains producteurs.
Au Québec et dans le monde, il existe un principe très simple : toute personne qui écrit et publie doit recevoir des droits d’auteur si quelqu’un d’autre veut se servir de ses écrits.
Un jour, je vois une annonce : le Cabaret Bio dégradable. Des comédiens liront des extraits risibles des autobiographies de nos vedettes locales. Je suis le premier à trouver l’idée excellente, d’autant plus que je fais partie de la liste des victimes. Hourra! J’allais recevoir de l’argent de poche grâce aux DROITS D'AUTEUR.
J'attendis en vain le coup de téléphone pour la signature de mon contrat et n’ai même pas reçu une invitation pour la première.
Petite anecdote en passant : j’ai vu sur le Net un extrait de mon premier livre, lu par un obscur comédien, et j’ai été le premier à m’esclaffer.
Mais j’exige un salaire. Comme n’importe lequel des scripteurs qui travaillent pour nos humoristes.
J’ai voulu téléphoner à Alain Simard, un des producteurs, et le déranger pendant qu’il faisait ses demandes de subventions, mais Andrée Boucher m’avait précédé et partout, elle s’était fait revirer. Personne ne veut payer.
Nous ne sommes que l’étalement de nos vies privées dans les journaux. Pour eux, tout ça devient du domaine public et il n’est pas question de donner des droits d’auteur à des exhibitionnistes qui n’écrivent même pas eux-mêmes.
Petit détail, il y en a quelques-uns parmi nous qui ont écrit leur texte eux-mêmes. J’en fais partie, ainsi que Rita Lafontaine et Andrée Boucher. Nous sommes des auteurs et vous devez payer.
Vous ne le ferez pas, car vous savez très bien que personne n’a les moyens de vous poursuivre : que voulez-vous, y a des producteurs rapaces qui nous fourrent et nous empêchent de gagner notre vie.
On grandit, on évolue, on s’internationalise et on se bâtit un quartier des spectacles. On a de grands producteurs aux idées lumineuses, mais les artistes sont de moins en moins payés.
On va donc laisser nos petits camarades comédiens manquer de solidarité. J’espère qu’ils vont sentir une petite gêne.
Y a toujours ben des limites !
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