Reconnu pour ses nombreuses créations, l'établissement mise encore sur cette « marque de commerce » pour donner la possibilité au public de découvrir la danse contemporaine sous toutes ses facettes. Alors que des grands noms tels que Crystal Pite, Marc Boivin et Paul-André Fortier fouleront les planches, des néophytes comme Alexandre Désilet et Sylvie Moreau, occuperont aussi la scène, cette saison.
« Ça crée des rencontres improbables. C'est intéressant d'avoir des "non-danseurs" et aller chercher quelque chose avec des gens qui ne sont pas vraiment expérimentés », indique Nicolas Sado, relationniste et adjoint aux communications à l'Agora de la danse.
Les artistes de renom se mettent aussi en danger au travers du processus de création, rappelle le porte-parole.
« Ce sont des spectacles qui n'ont jamais été présentés. Quand on rencontre les créateurs pour la première fois, bien qu'ils aient déjà commencé à travailler sur le projet, tout est encore possible. On voit naître l'œuvre petit à petit, au fil des répétitions.
« Quand on sort de sa zone de confort, c'est là qui se passe des choses et que la magie opère. La création est un risque. On a une idée, on travaille dessus pendant des années pour le présenter pendant quoi, quatre soirs! C'est une vie risquée, car on ignore si ce sera un succès. », soutient M. Sado, avec une certaine admiration dans la voix.
Art méconnu
La danse contemporaine demeure une discipline méconnue. Cette situation résulte du fait que celle-ci n'est pas enseignée aux enfants dans les écoles. « Par rapport à d'autres formes d'art, la danse est un peu le parent pauvre. On valorise beaucoup plus la musique ou le théâtre. Moi, à l'école, on ne m'a jamais appris à comprendre la danse. Pourtant, on m'a enseigné à décoder des textes et des tableaux, on m'a amené au théâtre. Il y a un manque d'éducation. Il y a un plus grand pas à franchir pour aller vers la danse, surtout contemporaine », explique M. Sado.
Cette forme d'expression ne sert pas forcément à raconter une histoire et son enchaînement n'est pas toujours linéaire. C'est pour cette raison qu'il faut cesser de tout rationaliser et se contenter de ressentir. On doit se laisser séduire par l'émotion, fait-il valoir. Le spectateur doit se déprogrammer et changer sa façon de percevoir l'art.
Afin de sensibiliser le public dès son plus jeune âge à la danse contemporaine, plusieurs activités sont offertes comme le projet Squat'agora, qui utilise le slam pour permettre aux adolescents d'apprivoiser le mouvement, les ateliers intensifs On danse au studio! ainsi que les prix Agora de la danse, remis aux jeunes danseurs afin qu'ils puissent assister aux différents spectacles de l'établissement.
« Avec Squat'agora, on va dans les écoles pour apprendre aux jeunes à s'exprimer avec autre chose que des mots. On les amène vers le mouvement et on leur montre à être à l'aise avec leur corps. On travaille avec les enseignants de français, mais aussi avec ceux de mathématiques, car la gestion de l'espace, c'est de la géométrie », explique M. Sado, vantant la portée pédagogique de la danse.
Les adultes, quant à eux, peuvent prendre part à une table ronde portant sur l'art du solo, le 18 septembre.
Pour connaître la programmation complète et pour connaître les différentes activités organisées par l'Agora de la danse, on consulte le www.agoradanse.com. Rappelons que l'établissement est situé au 840, rue Cherrier. Information: 514 525-6632.

