Les nouveaux propriétaires ont déposé un projet pour transformer l’ensemble immobilier, qui comprend, outre l’église, un sanctuaire et un presbytère.
Le comité consultatif d’urbanisme a émis l’automne dernier un avis favorable, estimant que les travaux permettront de combler un espace vide entre le bâtiment et la rue Saint-Denis et de créer une intégration de qualité par rapport à l'espace public.
Le projet sera présenté lors d’une assemblée publique de consultation. La conseillère Josée Duplessis invite les citoyens qui ont des craintes à venir les exprimer à cette occasion.
« Ce lieu est cher aux citoyens du Plateau. Beaucoup d'inquiétudes ont été exprimées au cours des dernières années au sujet de sa transformation. Si les objections sont nombreuses, nous retirerons le dossier de l’ordre du jour du prochain conseil d’arrondissement », assure-t-elle.
La présidente du CCU dit avoir refusé plusieurs projets avant d’accepter celui-ci. « On a accepté le centre de sport, car il ne défait pas la bâtisse. Elle ne sera pas subdivisée. On conserve l’espace intégral du lieu. De plus, il conserve une utilité collective, un élément important à considérer dans la reconversion de nos édifices religieux », souligne la conseillère.
L’ordre des Dominicains avait annoncé durant l’été 2006 son intention de se départir de l’immeuble de la rue Saint-Denis. Trop de dépenses d’entretien, l’absence de relève et trop peu de fréquentations justifiaient à leurs yeux la raison de vendre.
L’ancien député de Mercier, Daniel Turp, avait alors demandé le classement par le gouvernement du Québec et la citation de l'immeuble à titre de bien culturel par la ville de Montréal. Aucune des deux instances n’avait donné suite.
Un comité de citoyens, Les amis de Saint-Jude, avait recueilli 600 signatures pour sauver l’église.
Plusieurs projets avaient émergé à l’époque, notamment un centre de jazz et de musique actuelle et un musée du patrimoine religieux. Aucun n’avait abouti.
Avant de le vendre, les Dominicains avaient proposé deux projets de démolition complète des immeubles pour construire un complexe immobilier. Le bâtiment a été divisé par la suite et est détenu actuellement par quatre copropriétaires.
Les Dominicains se sont installés au début des années 50 dans cette église de la paroisse irlandaise St.Agnes. Ils ont transformé l’église en sanctuaire et y ont développé la dévotion à Notre-Dame-du-Rosaire et à Saint Jude.
Le Plateau a vécu des bouleversements récents en matière de patrimoine religieux, entre autres la vente de l’église Saint-Louis-de-Gonzague et la menace qui a plané sur le monastère des carmélites.
L’assemblée de consultation se déroulera aux bureaux de l’arrondissement, au 201 avenue Laurier Est, 5e étage, le 25 février, à 19 h. Lors de la même séance, le comité examinera également le projet d’autoriser les cafés-terrasses sur l’avenue du Mont-Royal Est, entre les rues Cartier et Fullum.

