Puis regardez bien la suite. Ce sont des images d’une des plus grosses manifestations de l’époque. Écoutez bien ce qu’on y clame : on y exige l’accès des francophones à la plus prestigieuse université de Montréal. Évidemment, il y a au cœur de cette requête tout le combat identitaire et linguistique de l’époque, mais il y a surtout (comme tout un paquet d’autres enjeux qu’on a, plus ou moins sciemment, enfouis sous la chape du combat identitaire) un combat entre les pauvres et les riches. Oui, entre le capital et le travail, comme l’expliquait si bien René Lévesque, quelques années avant, dans cette vidéo (http://youtu.be/M6qUbsLMvUc) qui justement, trace un joyeux parallèle entre deux visions du monde qui, même si certains diront de la vision de Lévesque qu’elle est passéiste, s’affrontent encore bel et bien.
Cette question est au cœur du conflit étudiant que le Québec vit en ce moment, conflit qui illustre bien tout le chemin perdu : la confrontation, aujourd’hui, s’articule autour d’une hausse ou non des droits de scolarité, plus personne n’exige l’accessibilité TOTALE à l’université. Déjà, nos enfants (ou leurs parents) paient beaucoup trop cher! Et je me fous du discours de droite qui se justifie en disant que ceux qui ont de l’argent devraient payer plus cher. Il est question d’universalité. Ceux qui ont de l’argent devraient payer plus d’impôt et faire en sorte que notre société soit capable d’éduquer TOUT LE MONDE qui veut l’être.
Regarder ce tableau (http://on.fb.me/wP6zvK) : il en dit long sur la perception qu’ont les différents pays vis-à-vis de l’éducation supérieure.
Je reviens au film de Lamothe. Regardez bien les matraques des flics : blanches. La légende veut que ce soit après la sortie de ce film que les policiers de Montréal ont décidé d’utiliser des matraques noires : ça se voit moins à l’écran.
Le mépris dure, dure, dure…
Nous ne savons plus rien
Et nous ne voulons plus rien savoir.
Qui encore étudie dans le seul but d’apprendre? Aujourd’hui, on investit dans son avenir et on se contre-câlisse du savoir et de savoir. On s’endette pour se préparer à s’endetter encore plus et devenir de bons petits consommateurs de cochonneries qui enrichiront les entreprises. Le capital ET la démocratie ont besoin que nous achetions pour que le semblant de système que nous avons installé tienne encore un peu.
Il faut aussi que nous soyons bien sages, avec juste un ti peu de casse et de fumée blanche pour que les entreprises, le capital, la démocratie ET les gouvernements en place puissent justifier leurs dépenses policières, sans trop montrer de matraques noires à la télé, quand même.
Comment ça se fait que personne ne demande de couper dans les dépenses de la police, hein? Je veux bien croire qu’il en faille une pour maintenir l’ordre, pour donner des tickets et empêcher les déments de ce monde d’égorger leurs semblables, mais quand même... Extrait de : http://recrutement-suretequebec.gouv.qc.ca/conditions-travail-generales-sq.jsp
- Le nouveau policier est considéré comme permanent dès son embauche et débute comme agent régulier sur appel et sur horaire variable pour une période de trois ans.
- Le salaire initial du policier est de 38 641 $ (au 1er avril 2012) et 67 373 $ après 60 mois.
- Durant les trois premières années, le salaire des policiers augmente tous les six mois.
- Au moment de son embauche et tout au long de sa carrière, si le lieu d’affectation du policier est à plus de 50 kilomètres de son lieu de résidence, tous les frais de déménagement (comprenant les jours consacrés à la recherche d’une habitation ainsi que les frais connexes), seront payés par la Sûreté du Québec.
- Le lieu de travail est déterminé à l’embauche en fonction des besoins de la Sûreté du Québec. Compte tenu de son mandat national, la mobilité est exigée.
- Le policier peut prendre sa retraite, avec pénalité, après 20 ans de service et, sans pénalité, après 25 ans.
Le flic sort de Nicolet à 21 ans… à 38,641$ par année.
À 26, il gagne 67,323 $ par année.
À 46, il peut prendre sa retraite… sans pénalité.
Et je ne veux pas tourner le fer dans la plaie, mais ça commence avec cinq semaines de vacances par an, un jeune policier.
Vous voulez un bungalow à Brossard, un chalet dans le Nord et trois chars? Devenez flic!
Ça change un peu au SPVM, mais sur le fond, pas tant que ça : http://www.spvm.qc.ca/fr/carrieres/5_3_1_2_policierperm.asp.
Bref, depuis les années 60, si quelque chose a changé, c’est que nous vivons encore plus au temps du mépris…
Et les René Lévesque de ce monde se font rares.
