• Imprimer
  • Envoyer à un ami
  • Commenter (1)
  •  

Hells

Michel Vézina

Michel Vézina

Publié le 6 Décembre 2011
Montréal Express
Publié le 6 Décembre 2011

En juin 1984, à Gaspé, les grands voiliers arrivaient. Nous étions quatre et nous revenions d’une semaine de canot dans les montagnes derrière Bonaventure. Nous avions décidé de faire le tour de la péninsule pour les voir arriver : party total en ville. Du monde de partout, des filles, des gars, des jeunes, des vieux : la ville était loadée, tout le monde su’l party!

Sujets :
Gaspé , Québec , Lire

Nous avions planté nos tentes dans un camping un peu à l’ouest de Gaspé. Début de soirée smooth, cool, relax, à boire une tite frette et à en fumer un en attendant d’aller rejoindre la masse grouillante des fêtards. Nous avons vu passer, sur la 132 toute proche, une bonne centaine de grosses motos. Des Hells. Impressionnant. Intimidant.

Nous sommes quand même sortis. C’était vraiment le bordel dans Gaspé. Trop de monde partout et, après une semaine en canot, c’était trop pour nous. On est rentré au camping assez tôt, genre minuit, pour continuer de prendre ça tranquillement.

Le lendemain matin, la nouvelle s’était mise à circuler aussi vite que si Twitter et Facebook avaient déjà été inventés : en plein parking du bar, où nous avions bu quelques bières la veille, des Hells s’étaient mis en cercle, vers 2h du matin, et avaient attrapé une jeune femme qu’ils avaient lancée au centre du cercle.

Puis, chacun leur tour, ils l’avaient violée.

Personne n’était intervenu. Personne.

Même pas la police.

Nous nous sommes demandé, Denis, Jean, Jacques et moi, comment nous aurions réagi si nous avions encore été là.

Difficile à dire. Mais je pense que je serais mort si j’avais encore été sur place à 2h du matin.

Je sais que je n’aurais jamais pu continuer à vivre avec la honte de ne pas être intervenu.

Intervenir

Une adolescente se suicide, puis la bien-pensance fleurit, telle la mycose sur les replis masqués de la virtualité de notre monde mou, allant jusqu’à menacer de mort une autre jeune fille, une autre adolescente.

Pas mal hot

L’intimidation ne date pas d’hier et se présente sous de nombreux visages. Elle est malheureusement inévitable, elle fait partie de la méchanceté de l’humain, de son besoin irrépressible de toujours se sentir le meilleur, d’essayer d’être le plus cool, le plus, le plus, le plus. Un ou deux crétins s’amusent aux dépens d’un ou une, la majorité des autres laissent faire, se disent que ça devrait s’arrêter tout seul, qu’il ne faut pas s’en occuper.

Bullshit! Il faut apprendre à intervenir.

Le gros

Dans la cour de l’école primaire où j’allais, les actes d’intimidation n’étaient pas rares, mais ne duraient jamais bien longtemps.

Il y avait toujours quelqu’un pour venir s’interposer. D’autres enfants, seuls ou en gang, des adultes.

Personnellement, je me suis vite débarrassé de ceux qui me faisaient chier en me traitant de gros fif parce que j’avais de bonnes notes et que les profs m’aimaient bien : j’en ai provoqué un, le plus vieux et le plus fort. Et j’en ai mangé une crisse! Sauf que ça a aussi fait en sorte que ce sont ses amis qui sont venus l’arrêter.

Après, plus personne ne me traitait de grosse tapette.

J’étais chanceux, j’étais gros et fort. Et j’ai ensuite profité de ma grosseur et de ma force pour m’interposer dans d’autres cas d’intimidation.

Je le fais encore aujourd’hui. La dernière fois, c’était à Québec en avril 2010. Lire le dernier paragraphe de cette chronique : http://bit.ly/uXF6I9.

Oui, je me vante. Oui, je me porte en exemple. Parce que je pense qu’il serait temps, dans ce monde de chatons châtrés, dans ce pays de bien-pensants sans colonne vertébrale, que l’on se mette à apprendre aux femmes et aux hommes une certaine vision de l’honneur.

Et qu’on intervienne au lieu de regarder le train passer en toute impassibilité et moumounerie, en faisant semblant que ça ne nous concerne pas. Qu’il faut parler, faire comprendre, aider, communiquer, psychologiser, gnagna.

Votre voisin bûche sa femme trois fois par semaine, mais c’est pas de vos affaires! Agheu, agheu… Ça va passer! Mais le jour où le camion de la morgue se pointe, c’est de la faute du système qui ne s’en est pas préoccupé.

Bullshit!

Dans le cas de la petite Marjorie Raymond comme dans tous les autres, c’est à chacun de nous de se demander ce que nous aurions fait pour empêcher qu’elle en arrive là.

Et le faire! Pas juste le dire et le brailler bien encabané dans le confort de notre indifférence.

Pas juste en accusant une autre ado!

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Kiki
    - 7 Décembre 2011 à 14:06:31

    Bonjour, J'ai 40 ans et je garde encore les séquelles de l'intimidation que j'ai subi dans mon enfance. (Psychologique, verbale et physique) Tiens je vais vous en raconter une bride. J'avais 13ans, j'étais en secondaire 2, je fesais de la gymnastique artistique sur l'heure du diner, question de relaxer un peu. En revenant au vestiaire je constate que mes vêtement n'y sont plus. Je m'en vais chez le directeur, Aurelle Rodrigue qu'il s'appelait. J'arrive dans le bureau d'Aurelle lui raconte que je me suis fait voler mes vêtements. J'éclate en sanglots, car j'en peux plus. Je lui raconte que tout le monde rie de moi à l'école et qu'ils m'appelent la moppe. Il me répond:''Et bien, si tu te peignait un peux peu être qu'ils ne te traiteraient pas de nom.' Je me suis tue, j'ai téléphoner a mes parents pour qu'ils m'apportent des vêtements. Je me suis peigner, comme après chaques cours de gymnastique et je suis aller a mes cours de l'après midi. Avec l'impression que depuis 3 ans on me harcelaient et que j'en était fautive. J'ai survécu. Aurel est mort du cancer il y a quelques années, je peux pas dire que j'ai eu de la peine. Ça fait encore mal en dedans 5 ans d'intimidation. L'humiliation chaques jours. Des parents qui comprennent pas pourquoi tu es toujours de m'auvaise humeur. Qui te trainenet tous les dimanche a l'église baptiste. Ou l'on te die que si on te frape sur la joue de t'endre l'autre. Que ton père quand il dit que tu lui fait petter un plomb te sacre une si grosse vollée, que sa main reste étampé sur tes fesse pendant une semaine. Qu'il ta frapé si fort au visage, que le dentiste, son ami, est obligé de te plomber les 2 palletes. Quand tu te rend un jour au commisaria de ta petite ville et que déballe toute l'histoire. Qu'ils ont l'air de te croire jusqu'a ce qu'ils te pause la question:''C'est qui ton père.' Et qu'il te réponde de retourner chez toi, que tu sort de la a pied et que tu dois rentrer dans ta maudite maison a 10km de la et qu'il n'ont même pas été foutu de t'y reconduire. J'en suis devenu dépressive. Je travaille, ça parait presque pas. J'ai l'air juste un peu excentrique. Mes collègues de travaille me trouve nerveuse et mon patron me trouve paranoïaque. Il me trouve paranoïaque depuis que je suis devenu délégué s'indical. Je me demande bien ce qu'il y a de parnoïaque a vouloir le bien de tout mes collègue. Je me demande ce qu'il peux bien me reprocher lui dant le fond qui est en quête de pouvoir dans un organisme en décrépitude. Le pouvoir de sélever au dessus de nous, le pouvoir de juger aussi facilement. Et bien me voilà encore dans l'engrenage de l'intimidation. Il a raproché mon bureau du sien. Il passe son temps a aller voir ma collègue juste a côté et sans nommer mon nom. Il se plaint de tous et chacun et de moi. Il nous traite de si ou de ça. Et oui, bienvenu dans le monde des adultes, sans aucuns scrupule. Pensez vous que ses enfants feront mieux que lui aujourd'hui à l'école. Ou s'il subissent sa foudre à la maison et que se sont eux aussi des victime de cette société pas nette. Je survie tant bien que mal. ` Kiki

    Commentez

Commentez

Commentez (Nous gardons les courriels privés)
Accord

Nous prions les internautes de rester polis. Il est interdit de soumettre du contenu discriminatoire, insultant ou inapproprié, qui pourrait être retiré du site à notre discrétion. Nous ne sommes pas responsables des opinions ou du contenu soumis par les internautes. L'utilisation de ce site ainsi que la propriété du contenu qui est soumis sont régies par nos Conditions générales d'utilisation et le Politique de confidentialité.

Les organismes membres doivent promouvoir des activités légales et à but non-lucratif. Tout organisme faisant la promotion d'activités illégales ou de services / produits commerciaux sera retirée du site.

J'accepte ces conditions.

Publicité

Infolettre

Inscrivez votre courriel et recevez nos nouvelles dès leur parution !

Inscription aux nouvelles en direct
loading...

Publicité