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Si le ridicule tuait, qui nous gouvernerait?

Publié le 20 Avril 2010
Publié le 29 Avril 2010

Chronique en forme de mosaïque : l’accélération de notre monde m’entraîne, m’étourdit. Petit lundi matin ensoleillé : comment parler de politique, d’intégrité, de hockey, de température, d’Haïti, de nuages islandais et d’avions cloués au sol, de littérature, de cinéma et de neige en avril?

Sujets :
Québec , Nouveau-Brunswick , Dalton

Mes semaines s’ouvrent toujours sur la question : comment vous entretenir de notre monde. Le chroniqueur est non seulement un observateur, mais aussi quelqu’un qui a la prétention – oui, il faut être fondamentalement prétentieux pour prétendre avoir une opinion sur tout – de tirer des liens entre les divers sujets qui composent la réalité (et non pas la vérité, surtout pas).

J’écris cette chronique après une journée de route, de retour du Salon du livre d’Edmunston. Nous sommes passés par tous les climats : vive avril au Québec (et au Nouveau-Brunswick, aussi!). Pluie grise au départ qui nous fait décider de ne pas suivre la route indiquée. Voir Pohénégamook pour la première fois de ma vie. Il y existe une résidence d’écrivain, Robert Lévesque y a passé trois mois l’an dernier. J’irais bien, moi aussi, passer trois mois sur le bord de ce lac d’un autre temps, avec ses bars de Dalton et ses maisons encore en bois, souvent un peu défraîchies. Donnez-moi vingt-deux maisons en bois défraichies plutôt qu’une seule en hostie de "clapbord" de vinyle…

Petite route sinueuse d’une beauté sublime, l’image européenne du Canada défile sous nos yeux, une manière surannée de voir nos grands espaces comme un refuge inexpugnable, comme LE village résistant, comme ce 9e de Saint-Charles dont je vous parlais il y a peu de temps. L’impression – fausse, bien sûr – qu’aucune décision gouvernementale ne peut rien influencer ici de manière bien profonde : la vie continue, peu importe les corruptions, peu importe les nominations de juge, peu importe le livre électronique et les nuages de poussière volcanique, peu importe le cinéma et les avions cloués au sol, peu importe la neige noire en avril.

L’impression que seul comptent le lac et Ponik, son monstre.

J’y retournerai cet été, faire comme la nuit de mes 33 ans, en Écosse. J’avais une bouteille de single malt, un peu d’herbe qui fait rire, et seul, bien installé sur une grosse roche sur le bord du Loch Ness, j’ai appelé Nessie jusqu’à l’aube.

N’est pas venu, mais j’ai lu récemment qu’il était apparu pour la dernière fois le 3 juin 1993, quelques semaines à peine après que mes hurlements éthyliques l’eurent réveillé.

Cet été j’irai crier ton nom, Ponik! <

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