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Mon tour de Gaule

Mon tour de Gaule

Mon tour de Gaule

Publié le 9 Mars 2010
Publié le 29 Avril 2010

Ouf, pas passé beaucoup plus d’une journée au même endroit depuis deux semaines. Et comme qui dit « France » (et « Belgique » et « Suisse », aussi, allez!), dit bonne bouffe et bon boire, j’avoue, je ne fais qu’exagérer... Et ce bien qu’a contrario de nos amis les Gaulois, je n’ai à prouver à aucun César que rien ne m’empêchera de circuler librement sur tout le territoire!

Sujets :
Lequet , Paris , Boulevard de Belleville , Lille

À Paris, question bouffe, rien de particulier à signaler, à part peut-être un couscous plutôt bien fait, boulevard de Belleville, et aussi une soupe Phô vraiment forte, dans le même quartier. Ce qui peut, je sais, en dire plutôt long sur les effets de l’immigration sur le paysage parisien. Çe ne plaît pas nécessairement à tout le monde, surtout quand vient le temps de se poser aussi la grande question du jour : celle de l’identité. Paris est devenue une mégalopole polyglotte et multicolore qui n’offre plus du tout le visage ni l’image qu’on se plaît à conserver dans nos psychés collectives. Les seuls quartiers qui sont toujours vraiment parisiens ressemblent de plus en plus à un musée à ciel ouvert, non seulement visité par des touristes, mais aussi par une nuée de Français nostalgiques, à la recherche d’un rêve passéiste et suranné de leur propre identité.

Près de Lille, à Arras, j’ai mangé une tarte aux maroilles avec de la bière. Succulente, carrément. Et le lendemain, je me sentais comme un broyeur à déchet en panne tandis que la maison empestait le fromage. Mais bon, faut c’qui faut! Plus tôt, à Lyon, je me souviens d’un tartare arrosé d’un vin des Côtes du Rhône doux au palais. La viande, relevée comme il fallait, tout ça et tout ça. À Genève, à l’Usine – j’y ai mangé un poisson blanc superbe, tout en buvant un blanc sec du Valais, et puis, cigarette à table – oui, oui j’avais presque l’impression d’une autre époque, lorsqu’il il était même possible de fumer un digesplif à table, dans ces bonnes vieilles années 80 dont nous rions tant aujourd’hui, mais qui au moins sentaient quelque chose! À Bruxelles, frites sur la Grand’ Place plutôt qu’à la Barrière de Saint-Gilles, où sont les meilleurs selon mon ami Vander et à qui j’avais promis d’aller en prendre une à sa santé… Ai dû me dédire en passant sur cette place sublime où il est bon de se faire emmener, yeux bandés, simplement pour la surprise de découvrir cette image d’une autre époque, cette architecture où le temps n’a plus du tout d’importance. Où la frite peut encore s’y manger dure et chaude.

Puis les boulets de Liège... Pas ceux de chez Lequet, mais quand même, grosses boulettes sublimes de viande de bœuf et de veau, vaguement sucrées, accompagnées de frites, encore et bien sûr!, arrosées à la Leffe puis poussées par un petit verre de Péket de derrière les fagots, le tout en discutant de VLB et de son amour du gros gin. Comme pour lier les voluptés aux volutes, encore, parce qu’en Belgique comme en Suisse, on résiste encore, dans certains endroits, à cette folie anti tabagiste qui nous fait mourir de froid plutôt que d’un cancer du poumon. Monde cruel…

Vendredi dernier, Langoiran où vit le cœur du collectif Libérez l’espace. Une viande comme on n’en voit presque plus chez nous, un boucher comme on en rêve parfois quand, attristés devant ces trucs qui ne ressemblent plus à rien, sous leur pellicule plastique et dans leur assiette «macdostyro», surtout pas à la bête, surtout pas, et qu’on se donne l’impression de ne pas tuer pour se nourrir, qu’on se convainc de notre non-méchanceté… À Langoiran, dans le comptoir, des morceaux d’animaux, des vrais, des beaux, des gros; de rouges et d’alléchants membres coupés, qu’il n’est plus possible de prendre pour autre chose que ce qu’ils sont. Ou ont été…

Une pièce de rumsteck de 1,8 kilo, de la viande séchée, de la rosette et une petite plaquette noircie : un magret au poivre. Miam! Et dans ces premières côtes de Bordeaux, se régaler, c’est aussi arroser le tout de quelques bouteilles bien fraîches, en l’occurrence de l’Orangerie de Carignan 2007, un petit vin mignon mignon comme tout, doux, parfait.

Non, je ne m’ennuie pas de notre poutine, quoiqu’à la différence d’un Belge qui a déjà dit qu’il devrait être interdit de faire cela à des frites, moi j’aime bien, de temps en temps…

Bon allez, bon appétit mes petits. Déjà, la semaine prochaine, je serai de retour et, sachant que j’ai dû vous manquer autant que vous m’avez paru trop loin, tous, depuis un mois, je mangerai un pâté chinois à votre santé, promis!

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