• Imprimer
  • Envoyer à un ami
  • Commenter (0)
  •  

Lectures sans frontières

Publié le 4 Février 2010
Publié le 29 Avril 2010

Depuis plusieurs semaines – je vous en ai glissé un mot, récemment – je suis plongé dans un bouquin écrit au début du XVIIIe siècle et qui résonne encore aujourd’hui, non seulement dans le contexte particulier de la catastrophe haïtienne, ni uniquement dans celui des Antilles en général, mais dans celui de l’histoire du développement de l’Occident : Voyage aux Îles, Chronique aventureuse des Caraïbes, par le père Jean-Baptiste Labat.

Sujets :
Antilles , Martinique , Amériques

En 1693, le père Labat est nommé missionnaire aux Antilles. Il part s’installer en Martinique, au service de son ordre religieux, mais par le fait même, à celui de Louis XIV. Il y passera une douzaine d’années, à évangéliser et à baptiser, bien entendu, mais aussi à prendre des notes sur tout : les esclaves et les traitements qu’on leur fait, les Indiens Caribes et leurs us, la botanique, la faune, et aussi les diverses manières par lesquelles les colons européens se sont intégrés à ce nouveau monde. Ils s’y disputaient les Amériques, ses ressources et surtout son énorme potentiel sur le marché des esclaves. Les Antilles étaient d’abord et avant tout, pour toutes les couronnes d’Europe, ni plus ni moins qu’un énorme entrepôt à ciel ouvert où on entassait la marchandise humaine en vue de son exportation aux États-Unis.

Rien ne change. Les pays ont beau dire, discours humanitaire ou non, les seules raisons qui motivent l’aide gouvernementale restent et resteront commerciales. On a beau prétendre vouloir reconstruire ce pays en se bombant le torse de nos meilleures intentions, il devra un jour y avoir rétribution, en espèce sonnante ou en nature, c’est selon : ça ne dépendra que du "pimp".

Haïti est vide. Et croyez-moi, ce ne sont pas que les cataclysmes naturels ou le diable qui ont vidé le pays : que je sache, les cyclones n’arrachent pas le minerai du sol, et le diable ne se nourrit ni de forêts, ni de riz…

Mot de la fin

Je finis en citant Jacques Roumain, écrivain et chroniqueur haïtien mort en 1944. Il termine ainsi son sublime Sale nègre, écrit en 1937 et dont le souhait ne semble pas encore prêt de se réaliser…

Et nous voici debout / tous les damnés de la terre / tous les justiciers / marchant à l'assaut de vos casernes / et vos banques / comme une forêt de torches funèbres / pour en finir / une / fois / pour / toutes / avec ce monde / de nègres / de niggers / de sales nègres.

Commentez

Commentez (Nous gardons les courriels privés)
Accord

Nous prions les internautes de rester polis. Il est interdit de soumettre du contenu discriminatoire, insultant ou inapproprié, qui pourrait être retiré du site à notre discrétion. Nous ne sommes pas responsables des opinions ou du contenu soumis par les internautes. L'utilisation de ce site ainsi que la propriété du contenu qui est soumis sont régies par nos Conditions générales d'utilisation et le Politique de confidentialité.

Les organismes membres doivent promouvoir des activités légales et à but non-lucratif. Tout organisme faisant la promotion d'activités illégales ou de services / produits commerciaux sera retirée du site.

J'accepte ces conditions.

Publicité

Infolettre

Inscrivez votre courriel et recevez nos nouvelles dès leur parution !

Inscription aux nouvelles en direct
loading...

Publicité