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Une nuit enfarinée avec Guillaume

Mathieu Bonneau (Photo: gracieuseté)

Mathieu Bonneau (Photo: gracieuseté)

Publié le 2 Août 2011
Publié le 27 Juillet 2011

La nuit a commencé par un : «je suis en retard!». Parce que dans une boulangerie, c'est un peu comme une première session à l'université, c'est normal le retard, il faut juste savoir le rattraper... Et Guillaume sait comment le faire. Il n'arrête pas une seconde depuis que je suis arrivé. Disons qu'Énergie Cardio et le zumba, c'est de la petite bière à côté de Guillaume qui pétrit le pain.

Sujets :
Conseil national de recherches du Canada

Mais ce n'est pas seulement une job de bras, parce que tout est pesé et rigoureusement divisé. C'est comme un vendeur de pot, mais en 100 fois plus rapide. Et non, Guillaume ne prend pas de drogue même s'il avoue avoir été, jadis, dépendant des boissons énergétiques.

Mais je lui pardonne, parce que durant les premiers mois suivant l'ouverture de sa boulangerie, il a dû travailler au moins 100 heures par semaine. Ce n'est pas pour rien que Guillaume déteste les horloges. Je peux vous dire que, pour lui, la diffusion du «signal sonore suivi d'un trait prolongé» par le Conseil national de recherches du Canada, il ne l'entend pas.

Ce qui le fait paniquer, c'est comme revenir d'un party trop tard: voir la clarté du ciel! Bref, vous l'avez compris, être boulanger ce n'est pas fait pour les syndiqués (nous ne parlerons pas du fait que Guillaume s'est fait renvoyer de la Fruiterie Valmont à 16 ans après avoir tenté de syndiquer les employés...).

 

J'ai passé six heures dans la nuit de lundi à mardi à observer Guillaume faire son travail. Voici maintenant comment on fait du pain... Pffff, il serait bien trop prétentieux de vous faire croire qu'en si peu de temps, j'aurais appris à en faire. Cependant, j'ai retenu que le pain, c'est aussi une histoire de fermentation. Guillaume doit être discipliné et constamment en contrôle, 32 heures sur 32, de sa levure-mère pour que nos petits estomacs égocentriques ne crèvent pas de faim. Pas de levure-mère, pas de bon pain!

 

Finalement, être propriétaire d'une boulangerie c'est un mode de vie. Un mode de vie que Guillaume et sa femme Valérianne ont décidé d'adopter. Lui, il sacrifie sa nuit et elle, elle sacrifie sa journée pour vous servir (le service à la clientèle, c'est pour une prochaine chronique, il y a trop long à dire).

 

Lorsque je demande à Guillaume ce qu'est la boulangerie pour lui, il me répond: «Autrefois, les villages se construisaient autour d'un moulin parce que la boulangerie représentait la base. Aujourd'hui, pour moi, je suis encore cette base et je continuerai de travailler pendant que mon enfant dort».

En savoir plus:

Boulangerie Guillaume

17, avenue Fairmount Est

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