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Demain l’hiver, je m’en fous

Bob le chef

Bob le chef

Publié le 13 Janvier 2011
Faubourg de Ville-Marie
Publié le 13 Janvier 2011

Une chronique de Bob le Chef

À Montréal, c’est comme si c’était l’été 365 jours par année. Même si les pistes cyclables sont pour la plupart fermées, on continue à pédaler. Malgré qu’il fasse moins trente degrés, on continue à pique-niquer et bien que la majorité des festivals soient terminés, on continue à danser. Y’en a même qui trouvent le moyen de continuer à surfer, alors que y’a pas plus de vagues sur le Saint-Laurent en été... En somme, il n’y a rien pour nous arrêter.

Sujets :
Québec , Parc Morgan , Hochelaga

Nous, Montréalais, faisons fi de l’hiver comme s’il n’avait jamais existé. D’ailleurs, s’il a neigé hier, pourquoi aujourd’hui les trottoirs ne sont-ils pas encore déneigés !? Moi qui me suis acheté de nouveaux souliers...

Nous entretenons une drôle de relation avec la saison hivernale. Chaque année, la névrose collective se répète et on tombe dans le déni. Les joies de l’hiver ? Sortons-nous la tête du banc de neige. L’hiver, ça chie. « Oui mais y’a le ski, le snowboard, la pêche sur la glace, la raquette... » Arrête ! Si je venais de Québec, ça rimerait. Mais comme je suis un Montréalais pur et dur qui n’a pas de chalet, l’hiver est plutôt gris.

Dans ma jeunesse, mes activités hivernales se résumaient à jouer au roi de la montagne sur le plus gros banc de neige de la rue, faire du ski en botte accroché aux pare-chocs, écrire mon nom dans la neige avec ma pisse, convaincre les plus jeunes de coller leur langue sur un poteau, ou encore, gelé sur le carton, glisser en crazy carpet au parc Morgan à Hochelaga... J’ai fait ma première randonnée en motoneige l’hiver dernier. Même si j’ai beaucoup apprécié, tous ces souvenirs ne pèsent pas assez lourd dans la balance de mon bonheur quand j’ai les deux pieds dans la gadoue.

Arrêtons de faire semblant. L’hiver, ça chie, et c’est parfait comme ça. Il fait trop froid dehors. Tant mieux. Contrairement à ce que Georges Michael pourrait en chanter, restons à l’intérieur.

C’est l’occasion de passer la journée à la maison à se prélasser avec sa douce moitié. Un plat qui mijote, une bouteille de vin, une peau d’ours devant un feu de foyer qui crépite... J’exagère à peine. Se laisser aller à l’hiver ça fait des p’tits... Pas besoin de chercher bien loin pourquoi un des plus gros baby-booms québécois des dernières années est survenu pendant la tempête du verglas. Faites votre part.

Si vous êtes célibataire, y’a rien de mieux qu’un chairlift double non débrayable pour se rapprocher... J’ai pas fait du ski souvent, mais celle-là je vais m’en rappeler... Même avec la morve au nez, l’hiver demeure riche en possibilités. Essaye « t'as de la neige sur ton épaule » ou encore « t’as un trou dans ta mitaine ». Si tu frenches pas dans les dix secondes suivantes, c’est que ce n’était pas dû pour arriver...

L'hiver ça chie, seulement si on tente de l'ignorer… C'est quand on essaie de faire comme si l'hiver n'existait pas et qu'on tient à maintenir nos activités qu'on trouve ça chiant. Être malade, c’est aussi le temps de se reposer ! Profitez-en ! On a tous des plaisirs coupables auxquels l’hiver nous permet de nous adonner. Pour ma part, c’est d’écouter du sport à la télévision tout en me bourrant de cochonneries ou encore prendre une minute pour regarder le monde qui se gèle le cul à l'arrêt de bus le matin et retourner me coucher au chaud.

C’est pour toutes ces raisons que je suis choyé d’être en restauration. La période morte de janvier à mars nous permet de reprendre nos forces pour mieux attaquer l’effervescence de l’été. Brisons le cycle de cette névrose saisonnière. Il faut apprécier l’hiver pour ce qu’il est et arrêter de l’ignorer. Après tout, pourquoi se tuer à l’ouvrage l’hiver et prendre ses vacances l’été? Alors que pourtant, tout bon Montréalais sait qu’on a habituellement droit à de beaux hivers, et des étés à chier.

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Gravlax de saumon

Les Scandinaves ont compris qu’il fallait embrasser l’hiver depuis longtemps. Cette recette en est la preuve et elle nous rappelle du même coup qu’on n’a pas toujours besoin d’une source de chaleur pour cuisiner.

Pour une pièce d’environ 250g de saumon

250ml (1 tasse) de gros sel

250ml (1 tasse) de sucre blanc

Deux gorgées de vodka, rhum ou selon vos préférences

Dans un bol, mélanger de sucre et le sel

Verser la moitié du sucre et du sel dans un plat fermant hermétiquement

Déposer la pièce de poisson

Verser le reste du sel et du sucre afin de bien recouvrir la pièce de poisson

Arroser d’alcool

Refermer le plat et envoyer au frigo (ou dans le banc de neige) pendant 24 à 36 heures

Couper en fines lanières et manger cru avec vos doigts ou de façon plus civilisée. C’est selon...

 

 

 

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