Marcelle Dubois, tout juste 30 ans, a cofondé le festival en 2002. Alors fraîchement sortie de l'université en création littéraire, elle lance l'idée d'un festival pour la relève théâtrale. « Une des volontés premières du festival est de donner la chance aux auteurs émergents d'accéder à la rencontre du public », explique-t-elle.
La mise en lecture d’une pièce, interprétée sans costume ni décor, permet ce rapprochement entre l’auteur, le comédien et le public. Parfois, les textes sont ensuite mis en scène dans les théâtres, mais il reste toujours des inconditionnels de la lecture théâtrale. « C'est un peu comme lire un livre et voir le film après, illustre Mme Dubois. Durant la lecture, chacun est libre d'imaginer l'univers de l'auteur, tandis qu'une pièce, c'est une vision complète. »
Depuis neuf ans, le festival a pris de l'ampleur. L'édition 2010 rassemble une vingtaine d'auteurs d'ici et d'ailleurs, marquant un tournant dans la programmation. « Cette année, de façon flagrante, on sent que la dramaturgie se doit de refléter d'autres réalités. C'est le signe qu'une nouvelle génération prend la parole », affirme Marcelle Dubois.
Dans Lequel est un Basquiat, Philippe Racine traite de la réalité d'être Noir en Amérique. Soleil Barclay, d'Emmanuelle Jimenez, et Québec, je te mangerai un jour !, de Marcelle Dubois, exposent les difficultés d'intégration sociale des femmes immigrantes. La question de l'identité se retrouve aussi dans Les lettres arabes d'Olivier Kemeid et Geoffrey Gaquère, qui raconte les aventures de deux Arabes de banlieue parisienne perdus à Montréal sur des Bixi volés.
« J'ai l'impression qu'on est sorti de l'autodéfinition post-Révolution tranquille, du Blanc catholique du Plateau-Mont-Royal. De voir l'écriture s'inscrire dans la pratique contemporaine, c'est nouveau et hyper stimulant », déclare la jeune auteure.
L'édition 2010 fait place à une figure importante de la dramaturgie chilienne, Ramon Griffero, qui montera sur scène le 7 mai. L'auteur a créé un théâtre de la résistance sociale, plus poétique que militant. Il présentera cinq textes issus de la nouvelle dramaturgie chilienne, interprétés par des acteurs québécois.
Le Jamais Lu présente pour une deuxième année les Confessions publiques, une rencontre entre deux générations à l’image de l'émission Coup de foudre. D’un côté, trois auteurs à l'œuvre depuis les années 1970-1980 : Suzanne Lebeau, Reynald Robinson et Lise Vaillancourt. De l’autre, trois jeunes de la relève : Fanny Britt, Étienne Lepage et Emmanuel Schwartz. Tous répondront à un questionnaire où ils se confessent sur leur travail d’auteur. Chacun devra tenter de séduire l’autre par ses réponses. Le jeu laisse place à une certaine part d'improvisation, rendant le projet « délirant, très drôle et touchant », selon l’organisatrice du festival.
Pour servir cette réflexion, Marcelle Dubois a choisi trois lieux décontractés, loin des grandes salles de spectacles : « On recherche cette intimité, cette proximité. » Même lorsque le festival migre pour une soirée vers le Théâtre du Nouveau Monde, il se fait petit dans la salle de répétition, sans oublier d'y amener le bar avec lui.
Festival du Jamais Lu
Les dramaturges de la relève, verts comme le printemps!
La 9e édition du festival du Jamais Lu promet d’être une rencontre intime avec les auteurs de la relève. Une vingtaine de dramaturges d’ici et d’ailleurs partageront leurs dernières créations du 30 avril au 8 mai entre le cabaret O Patro Vys, le théâtre Aux Écuries et le Théâtre du Nouveau Monde.
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