Chrysler-Fiat

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À mi-chemin du Paradis, mais à un mille de l’enfer

C’est en ces mots tirées d’un titre de chanson de Bruce Springstein (halfway to paradise a mile out of hell) que le grand patron de Fiat, Sergio Marchionne a résumé la démarche du groupe Fiat-Chrysler qui va certes bien depuis quelques mois, mais qui a encore beaucoup de chemin à faire sur la route de la rentabilité.

Sergio Marchionne était l’invité de la chambre de commerce Italienne du Canada à la salle de bal du Queen Elizabeth. Dans son allocution, M. Marchionne s’est fait l’apôtre lu libre marché, même si Chrysler a largement bénéficié de l’argent des contribuables américains et canadien, «un mal nécessaire pour remettre la compagnie dans le droit chemin», a souligné le fils d’immigrant Italien né à Toronto.

M  Marchionne a également précisé que cette remise sur pied a permis d’éliminer le surplus de production de voitures en Amérique du Nord, ce qui est encore un gros problème en Europe. Globalement la production mondiale de véhicules se situe à environ 96 millions d’unités, ce qui représente une surcapacité de 20 à 25 millions d’unités.

Chrysler vit les premiers d’une grande transformation. Dans quelques années, selon M. Marchionne, il n’y aura plus que 5 ou 6 grands constructeurs sur la planète, dont un ou deux chinois. Il faudra augmenter les volumes de production à plus de six millions d’unités par année pour espérer être encore du nombre des survivants, a-t-il mentionné. L’industrie automobile coûte très cher et chaque nouveau modèle nécessite un investissement minimum d’un milliard de dollars. À ce prix, vous n’avez pas le droit à l’erreur. L’architecture, le style, le moteur doit être examiné avec minutie. Si le véhicule ne se vend pas, vous êtes aux prises avec un déficit d’un milliard. C’est pourquoi l’industrie automobile devra fonctionner avec de grandes économies d’échelles. Vous verrez de moins en moins d’architecture qui vont générer de plus en plus de modèles. Un seul moteur va pratiquement équiper tous les modèles d’un constructeur. Le cas du moteur V6 Pentastar  de Chrysler est un bel exemple de cette approche rationnelle. Le modèle d’entreprise qui change chez bien des constructeurs doit se généraliser pour que l’industrie automobile évolue et puisse prospérer. Dans ce contexte, il est clair que les joueurs marginaux devront s’associer avec des plus grandes maisons ou disparaître. À long terme, Fiat ou Chrysler n’aurait probablement pas survécu seul. Avant sa mise sous faillite en 2009, Chrysler perdait tout près d’un milliard de dollars par mois. Pour sa part, Fiat était trop petite et peu efficace. À la fin de cette année, Chrysler aura vendu environ 4,2 millions de véhicules à l’échelle de la planète. D’ici 2014, la firme vise 5,9 millions de véhicules et 80% de ce volume de vente proviendra de  trois architectures principales. M. Marchionne a également insisté sur l’importance d’harmonisé les normes de fabrication, de sécurité et de pollution entre l’Europe et l’Amérique. Il existe encore plusieurs non-sens, comme les normes de collisions avec un piéton ou encore des phares utilisés aux Etats-Unis ne sont pas conformes aux normes de l’Europe parce que la direction de leur faisceau lumineux n’est pas tout à fait la même. Même chose pour les moteurs Diesel qui ne répondent pas aux mêmes normes.

Finalement. M. Marchionne a souligné l’importance de l’intégration culturelle dans le succès de Fiat et Chrysler. Il ne s’agit pour une compagnie de dominer l’autre, mais bien de la compléter. Chacun doit conserver son héritage et ses particularités. Le respect mutuel qui avait cruellement fait défaut dans l’alliance Daimler/Chrysler se veut le pivot de l’alliance Fiat/Chrysler. Il faut prendre le meilleur de chaque compagnie et le mettre de l’avant au service de tous. «Pour ceux qui croient que nous somme sorti de l’enfer et en route vers le succès, je demeure prudent» souligne le PDG de Fiat. Nous sommes au début d’un long processus qui transformera singulièrement la compagnie.

M. Marchionne a également rappelé que Fiat lancera une 500 électrique l'an prochain. Il a du même coup félicité le Québec pour sa politique d'avant garde en matière de transport électrique, notamment l'installation d'un réseau de stations de recharge pour les voitures. Il croit toutefois qu’il faut rapidement réglé le problème d’autonomie des piles, du réseau d’infrastructure et le temps de recharge avant de voir un quelconque engouement réel pour les véhicules électrique.

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