Le problème est connu depuis longtemps. Josée Duplessis, conseillère de Ville pour le district De Lorimier, avoue qu'elle reçoit des plaintes à ce sujet depuis sa première élection, en 2005.
Chaque jour, aux heures de pointe, un nombre impressionnant de voitures transitent par les deux tronçons de la rue Gauthier pour se frayer un chemin jusqu'à l'avenue Papineau.
« On considère que lorsqu'il y a plus de 120 passages à l'heure sur une rue résidentielle, c'est qu'il y en a trop. Sur Gauthier, entre Cartier et Papineau, il y a 130 véhicules, en moyenne par heure, qui passent, le matin, et 203, le soir. Toujours sur Gauthier, entre Dorion et de Bordeaux, il y en a 240, le matin, et 320, le soir. Au coin de Gauthier et de Parthenais, on en compte 215, le matin, et 230, en fin d'après-midi », a exposé Mme Duplessis, en se basant sur les données recueillies par une firme d'ingénieurs.
L'enfer au quotidien
Dans le cadre de cette première rencontre, les résidents du secteur ont été invités à parler des différents problèmes qu'ils vivent au quotidien.
Outre les embouteillages sur la rue Gauthier, ils ont notamment mentionné les interblocages – c'est-à-dire lorsque les embouteillages de deux rues se croisent – aux intersections, les virages en doubles qui empiètent sur la piste cyclable, l'agressivité des automobilistes, des cyclistes et des piétons, les feux de circulation trop courts, la signalisation inadéquate, la vitesse excessive sur les petites rues et aux abords des zones scolaires, ainsi que la présence de bandes cyclables de part et d'autre de la rue Gauthier. Différentes intersections ont également été identifiées comme étant des points chauds (voir la carte).
«En 2009, le problème principal était l'interblocage au coin de Papineau et Gauthier. On a réclamé des mesures et on a presque rien eu, excepté un feu piéton. Depuis qu'on ne peut plus tourner à gauche sur Papineau en provenance de Rachel, la situation s'est dégradée. C'est le bordel partout. Je suis témoin de situations complètement ridicules. J'ai vu des épisodes de rage piétonne où des voitures étaient littéralement encerclées par des piétons mécontents », a plaidé Marianne Tassé, qui est à l'origine d'une pétition ayant récolté plus de 1000 signatures, en 2009, pour demander l'apaisement de ce secteur.
« Ça roule très vite sur Dorion. Tellement, que des fois, j'ai peur de prendre ma voiture et de sortir de chez moi. À l'heure de pointe, je suis prisonnier, car je ne peux pas sortir du quartier », a fait valoir Glen Fash, de la rue Dorion.
« À l'heure de pointe, c'est l'enfer pour rentrer chez moi. Quand j'arrive de l'Est, je dois tourner sur Parthenais, puis Gauthier, pour me rendre sur Dorion, tourner sur Rachel et revenir chez moi, sur de Bordeaux », a illustré François Déry, un citoyen.
Population méfiante
Après avoir recueilli les témoignages des participants, une commission citoyenne a été formée, en vue d'une deuxième rencontre qui se penchera sur les solutions à adopter. Au cours de celles-ci, des propositions de firmes d'ingénieurs, embauchées par l'arrondissement, seront présentées. Alors que la soirée s'était déroulée dans une ambiance sereine, cette annonce a semé l'inquiétude chez certains résidents.
« Je suis préoccupée par la démarche citoyenne et son processus démocratique. C'est comme si l'arrondissement et la firme d'ingénieur avaient déjà des solutions en tête. De les amener, ça me donne l'impression que le projet est déjà canné », a déclaré une citoyenne.
Mme Duplessis s'est faite rassurante en indiquant « qu'il fallait faire ce processus ensemble (avec les citoyens) ».
La seconde séance de la consultation publique est prévue le 22 novembre, à 19 h, à l'Espace La Fontaine (3933, avenue du Parc La Fontaine).

