« Il n'y a pas eu de projet, pour l'instant, seulement une annonce avec très peu de détails. C'est somme toute une bonne nouvelle, car c'est ce qu'on réclame depuis le départ. Je suis très contente que la Ville en soit arrivée aux mêmes conclusions que nous, quant à la nécessité d'un tel centre », soutient-elle.
La conseillère craint cependant que cette annonce ne cache de mauvaises surprises.
« On parle seulement des aspects positifs et lorsque l'intérêt des médias sera passé, c'est à ce moment-là qu'on va connaître les détails. Le maire Tremblay a parlé d'un nouveau règlement, mais celui-ci n'a pas encore été dévoilé aux élus. J'aimerais bien y jeter un œil et prendre part au processus », indique Mme Huggins.
Parmi les questions qu'il reste à régler, il y a notamment celle de l'emplacement du futur centre, de la gestion de l'organisme, des ressources mises en place et du financement.
« Ça semble assez clair qu'il va y avoir un seul centre. On nous a dit que la question d'accessibilité en transport en commun serait prise en compte. On ne veut pas que ça fasse comme le Berger Blanc qui se trouve au milieu de nulle part. À l'inverse, la Société pour la prévention contre la cruauté envers les animaux (SPCA) est juste à côté d'une station de métro. Le site n'est cependant pas encore choisi. On n'a aucune information. »
Mme Huggins se dit également inquiète du fait qu'aucune mention n'a été faite de la présence d'une clinique de stérilisation dans le futur centre.
« On met l'emphase sur la prévention, ce qui est excellent en soi. Mais il [Gérald Tremblay] a évité de se prononcer sur la clinique. Pour nous, c'est primordial », insiste la conseillère, qui souhaite qu'un service mobile de stérilisation soit mis sur pied pour contrer le problème de surpopulation animalière.
Lors de l'annonce, la Ville-centre a évoqué la possibilité de confier la gestion de l'établissement à une organisation à but non lucratif (ONBL). Mme Huggins est ouverte à cette idée, indiquant que ce modèle a déjà fait ses preuves ailleurs, notamment à Calgary. Malgré tout, elle croit que cela ne doit pas servir à déresponsabiliser la Ville, de qui relève la gestion animalière.
« C'est sûr qu'une OBNL n'a pas la même mission qu'une Ville. On ne peut pas remplacer les responsabilités d'une Ville par celles d'un organisme de charité. »
Des questions aussi à la SPA
Du côté de la Société pour la protection des animaux (SPA) – à ne pas confondre avec la SPCA –, on se dit heureux de l'annonce de la création d'une fourrière municipale, mais on se demande pourquoi sa gestion n'incombe pas à la Ville-centre.
Le directeur de campagne de l'organisme, Gabriel Villeneuve, souligne que « la Ville est la seule responsable légale concernant la gestion animalière sur son territoire [et] donc devrait en assumer la pleine gestion au même titre que le service de sécurité d’incendie ».
Tout comme Mme Huggins, la SPA soulève l'absence de la stérilisation obligatoire des bêtes dans le nouveau règlement municipal.
« La stérilisation est la manière la plus efficace et consciencieuse de contrôler la surpopulation animale et de mettre fin aux milliers d’animaux euthanasiés par année. [On] recommande une solution plus tangible : que la Ville offre une clinique de stérilisation à faible coût ainsi que de bannir la vente d’animaux, que ce soit dans les animaleries où ailleurs, afin de faire de l’adoption dans les refuges la seule option. »

