Linda Gauthier, présidente du RAPLIQ ne cache pas son intention; elle espère, par ce geste, réparer ce qu'elle considère comme étant une injustice.
« Quand la SDAMR a fait ce concours-là au printemps, je pense que c'était pour remercier les restaurateurs qui ont été contraints de refaire leurs aménagements. Malgré l'aide financière de l'arrondissement Le Plateau-Mont-Royal, cela a dû se faire à perte pour certains. La raison de ces travaux n'était pas de rendre les terrasses plus belles, mais bien de les rendre accessibles », fait-elle valoir.
Elle ne comprend donc pas pourquoi les lauréats de ce concours ne sont pas les propriétaires des structures les plus accessibles et questionne le mode d'attribution des prix, qui, selon elle, favorise ce qu'elle qualifie de «clique» de la SDAMR. Elle déplore aussi qu'aucun représentant à mobilité réduite n'ait fait partie du jury sélectionné pour évaluer les différentes installations.
« On n'a pas été consultés du tout. Il y a eu des démarches pour trouver des membres du jury parmi la population. Nous sommes trois membres du RAPLIQ à avoir posé notre candidature et aucune n'a été retenue », soutient-elle.
Tempête dans un verre d'eau?
Du côté de la SDAMR, on dit ne pas comprendre l'origine de cet imbroglio. Charles-Olivier Mercier, directeur des services aux membres, de l’aménagement et du développement durable soutient qu'il ne s'agissait que d'une simple promotion commerciale. Le but était de demander à un jury d'identifier leurs terrasses préférées.
« Il s'agit d'une micropromotion visant à mettre un secteur de l'avenue du Mont-Royal en valeur. Au début de la saison estivale, ce sont les terrasses qu'on a mises de l'avant. C'est une petite compétition entre nos terrassiers. Le jury était composé de trois citoyens sélectionnés au hasard parmi les candidatures reçues, d'un spécialiste en design et aménagement ainsi que d'un représentant de Tourisme Montréal », indique-t-il.
Selon lui, le jury a été invité à se prononcer en fonction de différents critères tels que l'aménagement, la convivialité, l'ambiance, la configuration, etc. L'accessibilité universelle, quoiqu'intimement liée à ces critères, n'en était pas un en-soi. Il affirme que l'exercice, qui se voulait une activité ludique, a néanmoins été fait avec rigueur.
« Aucune terrasse n'a été brimée ou mise de côté. L'accessibilité n'était pas un critère central pour le jury. Ce n'était pas ça le but. Nous sommes une association commerciale qui cherche simplement à faire découvrir l'avenue du Mont-Royal. Une de nos forces, je crois, ce sont nos terrasses. On en est fier. On a voulu mettre ça en valeur en se détachant des cadres politique et urbanistique. Notre clientèle n’en a rien à cirer du changement réglementaire », a indiqué le porte-parole de la SDAMR, visiblement irrité.
M. Mercier en a aussi profité pour dire que le cadre normatif relatif à l'accessibilité des terrasses a été « appliqué rigoureusement par tous les restaurateurs » et que malgré tout, des modifications devraient être apportées à certaines installations dès la prochaine saison pour satisfaire les demandes du RAPLIQ.
« À leur grande surprise, ils devraient obtenir mieux que ce qu'ils ont demandé », a-t-il déclaré.
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