Plusieurs d'entre eux ont profité de l'occasion pour questionner M. Ferrandez sur les allégations de Marvin Rotrand, conseiller de Ville pour Snowdon, élu sous la bannière Union Montréal. Le 23 août, cet échevin a soutenu que la dernière présence du maire du Plateau-Mont-Royal au conseil de Ville remontait au 18 mai. Il a alors affirmé que si celui-ci ne se présentait pas à la prochaine séance, il demanderait au greffier de déclarer son siège vacant et de déclencher une élection partielle.
À cela, le chef de la formation Projet Montréal, Richard Bergeron, avait répondu que « les élus siègent au conseil municipal comme des patates », réitérant sa confiance en l'édile du Plateau-Mont-Royal.
S'exprimant en public sur cette question pour la première fois, M. Ferrandez a répondu qu'il était incapable de rester là à ne rien faire durant les séances du conseil de Ville et qu'il avait de la difficulté à faire face au « cynisme, au double langage et aux mensonges », ont rapporté différents médias montréalais. Il a également comparé les membres d'Union Montréal à « des otaries qui applaudissent quand on leur fait un signal ».
Au lendemain de cette altercation, en entrevue téléphonique avec le journal Le Plateau, Luc Ferrandez persiste et signe.
« Je suis déjà présent au conseil d'arrondissement. Les décisions se prennent dans des comités et dans des consultations auxquels je suis présent. Le conseil de Ville, c'est pour adopter des décisions, tout en sachant qu'on ne peut jamais faire changer d'idée le parti au pouvoir, puisqu'il est majoritaire.
« On va là, on jappe, on crie, on essaie un peu de mordre les mollets, et malgré tout, il ne se passe jamais rien. En plus, ça prend beaucoup de temps. Je pourrais aller là et les traiter de bandits, d'idiots, de voleurs et de menteurs. Mais ce n'est pas ça que je veux faire. Ce que je veux, c'est approfondir des dossiers, ce qui demande beaucoup de préparation, sachant que ça ne donnera rien, car ça va être adopté pareil », soutient M. Ferrandez.
Il affirme avoir été présent lors de la séance du mois de juin. Toutefois, selon lui, l'enjeu ne se situe pas là.
« Je ne veux pas essayer d'éviter l'accusation qui est portée contre moi de ne pas assister au conseil. Je le dis : c'est vrai! Le conseil de Ville est une enceinte du cynisme qui est inutile pour les citoyens du Plateau, dans le sens où je n'arrive pas a y défendre leurs intérêts, car on ne nous écoute pas. Il n'y a pas de véritables échanges. Pour moi, c'est une perte de temps. L'argent des citoyens est mal dépensé lorsque j'y vais. Je suis plus utile ici, lorsque je travaille à l'arrondissement, que je me promène dans les rues du Plateau ou que je rencontre des citoyens », défend-il.
Il soutient toutefois qu'il sera davantage présent aux séances du conseil de Ville, à la demande de son chef, Richard Bergeron, ainsi que pour éviter à la formation Union Montréal, d'utiliser cet argument comme « outil politique » pour détourner l'attention du public des dossiers chauds.

