Tout a commencé lors de la fin de semaine du Grand Prix de Montréal, du 8 au 11 juin, quand Laurence Parent, vice-présidente du RAPLIQ, décide de prendre part aux festivités et d’emprunter le boulevard Saint-Laurent. Terrasses, podiums et kiosques l’empêchent de circuler librement.
Pendant ce temps, l’événement « Nuit blanche sur tableau noir » bat son plein sur l’avenue Mont-Royal, où Linda Gauthier, présidente du RAPLIQ, fait le même constat.
« Ça n’a pas de bon sens. Chaque année, c’est toujours la même chose. Lorsqu’il y a des événements, on aimerait ça y participer, mais on ne peut pas, car on n’a plus accès aux trottoirs et aux commerces », déplore-t-elle.
Selon Mme Gauthier, cette problématique n’est pas propre au Plateau-Mont-Royal. Elle est régulièrement témoin de situations similaires sur l’ensemble du territoire montréalais.
« On a donc envoyé une lettre, le 11 juin, au président de l’Association des Sociétés de développement commercial (SDC) de Montréal ainsi qu’à Gérald Tremblay, maire de Montréal, et à Jocelyn Ann Campbell, qui est attitrée au dossier de l’accessibilité universelle au comité exécutif de la Ville. On leur a demandé de repenser la logistique des événements publics extérieurs, et ce, pour tous les arrondissements. Pas juste sur le Plateau », indique-t-elle, soulignant qu’elle n’a encore reçu aucune réponse.
Le RAPLIQ a également formulé une plainte auprès de la Commission des droits de la personne. Dans sa requête, il demande à ce que les normes d’accessibilité universelle soient respectées pour permettre aux personnes à mobilité réduite de déambuler aisément de manière sécuritaire. L’organisme souhaite que les modifications nécessaires soient apportées d’ici un an.
« C’est quand même toute une question de logistique puisque les organisateurs d’événements planifient déjà leurs activités pour l’année prochaine. N’empêche que ça ne devrait pas être trop compliqué à appliquer.
« Je ne crois que c’est quelque chose qui va pouvoir se régler en médiation, malheureusement. Je pense qu’il va falloir passer devant les tribunaux. Il s’agit d’un gros dossier qui compte déjà six plaignants. Il va sûrement y en avoir d’autres qui vont s’ajouter. On ne peut pas vraiment blâmer les SDC ou les élus, c’est le système qui est ainsi fait. Montréal a beau s’être doté d’une politique d’accessibilité universelle, les gens n’y pensent pas », indique-t-elle.
Sensibilisation
En attendant que la question de l’accessibilité aux événements extérieurs soit réglée, le RAPLIQ continue ses activités de sensibilisation auprès de la population. Cette année, les journées de l’accessibilité, où les participants prennent part à un parcours d’exploration à bord d’un fauteuil roulant, seront encore de retour. Toutefois, Mme Gauthier pense changer la formule dans les années à venir.
« On veut mettre sur pied une banque de données alimentée par les gens. Ils vont pouvoir nous dire quels endroits sont accessibles et pourquoi. On va ensuite aller sur place pour valider l’information », annonce-t-elle.
Mme Gauthier songe également à organiser des soirées thématiques, où le savoir-faire de personnes aux prises avec des limitations physiques serait mis à l’honneur.

