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Place au cirque… avec de jeunes handicapés

Les jeunes sur scène, lors de l’avant-première de leur spectacle au 4e salon Prendre sa place. (photo:courtoisie)

Les jeunes sur scène, lors de l’avant-première de leur spectacle au 4e salon Prendre sa place. (photo:courtoisie)

Josianne Desjardins
Publié le 3 Juin 2012
Publié le 3 Juin 2012
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Montréal Express

Qui a dit qu’une personne atteinte de paralysie cérébrale ne pouvait pas faire du cirque? Et bien, un groupe de jeunes adultes repoussent leurs limites dans le cadre d’un projet de recherche universitaire qui sort de l’ordinaire.

Sujets :
Centre de réadaptation Lucie-Bruneau , Cirque du Soleil , Centre communautaire , Maisonneuve , Québec

L’ergothérapeute Frédéric Loiselle s’est inspiré de l’approche pédagogique du cirque social pour mener son projet avec le Centre de réadaptation Lucie-Bruneau. Un peu à la manière du Cirque du Soleil envers les jeunes de la rue, où ils sont appelés à développer leur estime de soi et leurs compétences sociales.

Mais dans ce cas-ci, il s’agit plutôt de neuf jeunes adultes qui présentent des limitations physiques. Certains se déplacent en chaise roulante, d’autres n’ont pas de signe apparent de leur handicap.

Après un entrainement rigoureux de 26 semaines, à raison de 4 heures par semaine, les jeunes ont formé un groupe intitulé « 100 obstacles ». Et ils se sont produits sur scène en première partie du Cirque Zerna Patelin au chapiteau du Centre communautaire, culturel et social et éducatif (CCSE) Maisonneuve, le 1er et 2 juin.

« Pas capable »

Lorsqu’on l’a approché pour prendre part au projet, Laurent Leclerc, atteint de dystrophie musculaire, était sceptique.

« J’avais l’impression que je ne serais pas capable de faire comme les autres, à cause que je n’ai pas beaucoup de force dans les mains », raconte-t-il.

Pourtant, le résidant du Plateau-Mont-Royal a réussi à manier un drapeau blanc tout en exécutant des acrobaties au sol, durant le spectacle. Il a aussi appris à faire de la jonglerie.

Depuis le début de l’expérience, Xavier Daydé de Rosemont- La Petite-Patrie constate que ses jambes sont devenues « moins raides », lui qui est atteint de paralysie cérébrale.

Outre les impacts de la réadaptation physique, tous les jeunes interrogés ont été unanimes: ils ont gagné de la confiance.

« Je me suis un peu pitchée dans le vide et je me suis dit: pourquoi pas? Et maintenant, j’ai une plus grande confiance en moi », révèle Maude Massicotte, de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. Sa collègue de danse, Kim Rousselle, ne pensait « jamais faire ça » dans sa vie, parce qu’elle s’est souvent dit qu’elle ne pouvait « rien faire de bon ». Les deux jeunes femmes paralysées ont présenté une chorégraphie où Kim retenait Maude sur elle tout en tournant avec sa chaise roulante.

Les jeunes ont aussi développé un sentiment d’appartenance à un groupe, comme en témoigne Mario Junior Lemire, de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, qui dit souvent ne pas avoir été accepté dans un groupe, « à cause de mon apparence ».

Xavier, quant à lui, dit surmonter ses difficultés sociales, « en étant moins renfermé sur moi-même ».

Autonomie

M. Loiselle, qui a travaillé pendant trois ans pour le programme Transition École-Vie active (TÉVA), estime que le projet leur permet d’acquérir une certaine autonomie dans leur vie d’adulte.

« Quand l’école cesse, tout le réseau social prend fin pour eux. Ils ont toujours vécu dans un environnement adapté et ultra protégé. Le vendredi soir, ils s’amusent ensemble et peuvent rentrer tard. C’est plus que du cirque. Des jeunes nous ont témoigné qu’ils ne connaissaient pas le transport adapté avant ça », explique-t-il.

Celui-ci considère que « les défis sont encore plus grands » pour ces jeunes, puisque « tous leur déplacements sont difficiles et qu’ils ont une participation sociale très pauvre ».

Malgré tout, M. Loiselle croit que ces jeunes sont plus outillés grâce à ce projet. « C’est une thérapie par le groupe. On ne réalise pas que c’est de la réadaptation. Ils ont des défis. S’ils tombent par terre, ils sont capables de se relever », soutient-il.

Première étude du genre

Le projet de recherche sur le cirque social comme nouvelle approche d’intervention en réadaptation est le premier qui documentera les retombées de l’expérience vécue par ces neufs jeunes handicapés.

Pour M. Loiselle, il ne fait aucun doute que l’étude montre déjà des résultats concluants.

Le projet a été présenté dans le cadre du 4e salon Prendre sa place, la semaine dernière, où on a abordé l’importance de la réadaptation pour la réinsertion sociale des personnes handicapées.

Selon l'Association des établissements de réadaptation en déficience physique du Québec, près de 30% des familles québécoises sont composées d'au moins une personne vivant avec une déficience physique.

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