L’activité s’adresse aux aînés âgés de plus de 75 ans qui ne possèdent aucun lien affectif ou contact significatif avec leur entourage et qui souffrent de troubles cognitifs. On parle dans ce cas-ci d’atteintes à la mémoire, à la concentration, au jugement, à l’organisation, à l’orientation (temps et lieu), etc.
« Ces gens-là s’isolent eux-mêmes, parce qu’ils ont de la difficulté à initier le contact avec autrui. Ils sont capables d’être, mais pas de faire. Par exemple, si une personne a des problèmes de concentration, elle ne sera pas capable de suivre une conversation. Même chose si elle a des problèmes de mémoire. Quand elle rencontre quelqu’un qu’elle connait, c’est comme si c’était toujours une nouvelle personne. Elle se demande alors si elle doit lui parler », explique Sophia Thériault, responsable du projet et intervenante auprès des personnes âgées atteintes de déficits cognitifs.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas parce que ces personnes souffrent de troubles cognitifs sévères qu’elles ne peuvent pas profiter pleinement des activités offertes. Même si elles ne se souviennent pas nécessairement des choses qu’elles ont faites, elles se rappellent des « impressions », des sentiments qu’elles ont ressentis tout au long de leur journée. Pour raviver ces impressions, il suffit d’un élément déclencheur (odeur, lieu, etc.).
Ces activités permettent également de les stimuler, de sorte à ralentir le processus de perte des facultés cognitives.
La mémoire des sens
L’idée de proposer une activité de jardinage a germé à la suite d’une visite au Jardin botanique.
« Dans l’entrée du Jardin botanique, on retrouve la Cour des sens, destinée aux personnes aveugles. On a décidé de s’y cantonner, car plusieurs de nos membres étaient trop fatigués pour faire le tour complet du Jardin. Ils ont trippé ben raide! Ils ont touché les fleurs, senti l’empreinte des aromates, etc. On a donc décidé de s’en inspirer », explique Mme Thériault.
Des bacs de jardinage surélevés ont été installés dans la cour arrière des locaux des Petits frères des pauvres, situés sur la rue Garnier, pour que les participants puissent jardiner à leur aise, accompagnés d’un bénévole auquel ils sont jumelés. Ceux-ci ont reçu une formation spéciale pour pouvoir interagir de manière à les stimuler et à ne pas créer d’anxiété chez eux.
Grâce à cette activité, les sens des personnes atteintes de troubles cognitifs sont sollicités : le toucher, lorsqu’ils plantent des végétaux dans la terre; la vue et l’odorat, par les couleurs et le parfum des fleurs, ainsi que le goûter, car les fines herbes plantées sont ensuite utilisées dans la confection des repas servis aux membres par l’organisme, etc.
« Le corps a aussi une mémoire. Même si ça fait longtemps qu’on n’en a pas fait, on se rappelle comment faire du vélo. C’est la même chose pour eux avec le jardinage. Puisque la plupart en ont fait lorsqu’ils étaient jeunes, certains mouvements reviennent naturellement », fait-elle valoir.
D’autres activités sont également offertes aux Vieux amis atteints de troubles cognitifs afin de leur permettre de socialiser, notamment des dîners communautaires et des séjours de vacances à Oka. Pour en savoir plus, on consulte le www.petitsfreres.ca ou on communique avec le 514 527-8653.

