Luc Ferrandez: J'étais content de voir l'intelligence et l'intensité des trois candidats. Les bons projets politiques sont certainement quelque part entre ces trois affirmations, mais ça prend de bonnes personnes pour les gérer. J'ai l'impression qu'il y a une vague de bons candidats dans l'élection qui s'en vient et ça, ça me rassure. Ce qui ne me rassure pas par contre, c'est le niveau de superficialité des débats, comme par exemple le Parti libéral, qui se gargarise de réalisations en en cachant d'autres, mais aussi le niveau de superficialité de la CAQ, lorsque le candidat dit que les arrondissements posent problème à Montréal sans toutefois être capable de nomme d'autres exemples que l'apaisement de la circulation à Montréal. C'est d'ailleurs le seul exemple que tout le monde amène, tout le temps! Donc, j'imagine que c'est parce qu'ils ont que peu de temps pour s'exprimer, mais il y a beaucoup de superficialité. Il y a par contre de bonnes idées et de bons candidats. Je suis plus satisfait de voir se dérouler cette élection que les trois précédentes. En termes de candidats, c'est intéressant.
Le Plateau: Quels sont d'après vous les enjeux économiques de premier plan de la présente campagne?Luc Ferrandez: On a sous-investi dans tout. En éducation, dans les infrastructures, dans la santé. On a sous-investi dans tout parce qu'on a refusé d'augmenter les impôts et surtout les impôts des entreprises. Alors, c'est tout ce qu'il faut dire: il y a un pacte sur l'essence pour les transports, la taxe sur le carbone, la tarification des ponts, l'augmentation des impôts des entreprises… c'est de cela dont on veut entendre parler! Parce que pour le reste, les solutions, on les connait, mais on ne peut pas les mettre en œuvre parce que nous n'avons pas le financement.
Le Plateau: Qu'avez-vous pensé du quatrième volet du débat, amenant les candidats à se prononcer sur la gouvernance montréalaise?Luc Ferrandez: Personne ne touchera à la gouvernance montréalaise. Parce que dans le fond, c'est juste une affaire pour faire un show de boucane à la télévision! Quand on dit que les arrondissements et les roitelets des arrondissements posent problème, je mets au défi n'importe qui prononce cette phrase-là de me donner un exemple. À part moi, qui pose problème? Non sincèrement, y a-t-il un maire d'arrondissement qui a bloqué un projet? Y a-t-il un maire d'arrondissement qui a empêché une politique de s'établir? La seule chose à laquelle les gens font toujours référence, c'est le plan d'apaisement du Plateau Mont-Royal. Et le plan d'apaisement du Plateau Mont-Royal, c'est dur à avaler pour tout le monde, mais c'est entériné aussi par la Ville centre. Alors ce n'est pas vrai que c'est un problème de roitelet d'arrondissement. C'est une décision difficile qui fait mal à des gens, mais qui est néanmoins nécessaire.
Dans les arrondissements sinon, oui à la réduction du nombre d'élus, peut-être oui à la réduction du nombre d'arrondissements, mais non à la centralisation. La centralisation c'est un échec dans à peu près tous les domaines. 26 000 employés à la Ville de Montréal! Trouves-moi en des entreprises de 26 000 employés qui sont bien gérées! Il faut être sur le terrain! Moi j'en ai 450 employés et je peux te dire que ça marche. Il faut être sur le terrain, délocalisé, proche des citoyens, proches des employés pour que ça marche et donc ce n'est pas en centralisant que ça va fonctionner.

