D’ailleurs, le projet de revitalisation du secteur Saint-Viateur Est de la Ville de Montréal prévoit l’aménagement d’un passage à niveau vers le métro Rosemont, un dossier d’importance pour les habitants du quartier Mile-End. «On travaille à ce que CP se rende à l’évidence qu’il y a une demande, un besoin», dit Jocelyn Jobidon, responsable du dossier à la Ville de Montréal. Il en va, selon lui, de l’accessibilité du secteur aux transports en commun.
Impossible encore de dire avec certitude quelle rue accueillera le passage, mais, à la Ville de Montréal, on préférerait que ce soit la rue Henri-Julien. «C’est une rue que les gens utilisent pratiquement de façon naturelle», explique M. Jobidon.
Celui-ci n’est pas en mesure de donner une date précise à cette opération, puisqu’elle dépend en grande partie des négociations en cours avec le CP. Comme il s’agit d’un terrain appartenant à la compagnie ferroviaire, c’est elle qui serait responsable des installations (signalisation, traverses sécurisées, barrières, etc.).
La Ville se dit toutefois prête à participer financièrement au projet ainsi qu’aux analyses préalables.
Le CP fait-il la sourde oreille?
La balle est cependant dans le camp du CP, selon Richard Ryan, conseiller d’arrondissement pour le Mile-End. «Les directeurs des arrondissements du Plateau-Mont-Royal et de Rosemont, conjointement au directeur général de la Ville, Louis Roquet, ont voulu envoyer une lettre au CP. Ça leur a pris un mois avant qu’ils sachent à qui l’adresser! C’est clair qu’il y a un problème, affirme M. Ryan, qui se dit exaspéré par la lenteur de la démarche. Je trouve ça dommage qu’il y n’ait pas d’oreilles au CP.»
Pourtant, nombre de citoyens traversent quotidiennement la voie ferrée, le chemin le plus court et le plus naturel de se rendre au métro.
Sait-on combien de personnes traversent la voie ferrée chaque jour? «On n’a jamais fait de comptage, mais on peut aisément dire que c’est un chemin très utilisé par les marcheurs et les cyclistes», estime M. Jobidon.
Une chose est sûre : la situation actuelle est intenable, selon M. Ryan. «Le CP nous parle de sécurité quand on parle de passage à niveau, alors que maintenant, au niveau de la sécurité, c’est n’importe quoi, déplore-t-il. En même temps, leurs policiers distribuent des contraventions à plein régime. Ils se cachent même derrière des murs de béton pour donner des contraventions.»
Il ne croit pas que ces contraventions dissuaderont les résidants. «Les citoyens s’organisent, ils ont même fait un happening le mois dernier pour protester, rappelle-t-il. Est-ce qu’on va attendre qu’il y ait des actions plus radicales?»
Pas question non plus de minimiser le problème en marginalisant les citoyens qui traversent la voie. «Les personnes qui passent, c’est pas des flyés ou des marginaux!, dit-il. Ce sont des travailleurs.»
Du côté du CP, même si la responsable du dossier est actuellement en vacances, on nous assure que les choses ne sont pas si simples. «Ça prend le feu vert de Transports Canada, explique Breanne Feigel, la responsable des relations avec les médias. Transports Canada a des règlements sur où et comment on peut avoir un passage à niveau, et quand est-ce que c’est sécuritaire. Mais pour le moment, c’est sûr qu’on va garder nos policiers postés là où il le faut.»
D’après M. Jobidon, il faudra sans doute attendre 2011 pour voir les choses se concrétiser dans ce dossier.
