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Coop Ecto: le "co-working" pour briser l’isolement

Il existe plusieurs espaces de travail à Montréal, sauf que la majorité ne fonctionnent pas sous le modèle coopératif comme Ecto, fondé par Yves Otis.   (Photo: Jacques Pharand)

Il existe plusieurs espaces de travail à Montréal, sauf que la majorité ne fonctionnent pas sous le modèle coopératif comme Ecto, fondé par Yves Otis. (Photo: Jacques Pharand)

Publié le 26 Mai 2010
Publié le 26 Mai 2010
Emilie Russo

En plus d’avoir la plus grande concentration d’artistes au pays, le Plateau-Mont-Royal comporte un nombre important de travailleurs autonomes. Ils représentent 15,8 % des emplois, largement au-dessus de la moyenne montréalaise (5,8 %). Ces nomades urbains se trouvent souvent dans les cafés avec une connexion sans fil, parfois dans les bibliothèques, toujours entre deux lieux où exercer leur métier. On dit qu’ils sont « autonomes », car ils n’ont ni patron, ni horaire. Cette liberté comporte cependant son lot de solitude. C’est pour contrer l’isolement qu’Yves Otis a fondé la coopérative de solidarité Ecto, un lieu de travail où la dimension humaine prend tout son sens.

Sujets :
Station , Rue Roy , Plateau , Montréal

La philosophie du co-working consiste à partager un espace de travail avec d’autres professionnels, dans un esprit d’ouverture et de collaboration. C’est ce qui fait la différence entre louer un bureau dans un centre d’affaires ou prendre part à la coopérative Ecto. « Tu engages un rapport humain avec les autres, ce n’est pas juste un rapport de consommation d’espace », affirme Yves Otis, président d’Ecto et cofondateur de Percolab, une entreprise spécialisée dans l’intégration de systèmes d'information pour la recherche et l'apprentissage.

La coopérative a ouvert ses portes en septembre 2009 sur la rue Roy, dans l’édifice de l’ancienne phonothèque. Elle compte aujourd’hui 30 membres de tous les milieux : intégrateur web, gestionnaire du domaine culturel, chargée de projet en communication, réviseur, écrivain, infographe, etc.

Ecto ne se spécialise pas dans un domaine d’emplois, mais mise sur le partage des compétences entres les membres. Le travailleur autonome doit savoir faire sa promotion et sa comptabilité, trouver des contrats, les négocier et les réaliser, etc. « À vouloir tout faire tout seul dans ta maison, tu n’as pas de réseau d’appui qui peut t’informer », explique M. Otis. D’où l’intérêt de se regrouper : « Il y a un échange de services et d’apprentissage qui ne vient pas des 5 à 7, comme le font les associations, mais par le fait qu’on travaille ensemble. Tu es dans un bureau, où tu fais ta pratique, mais tu profites de collègues qui peuvent échanger leurs services », explique-t-il.

Chez Ecto, il n’y a pas de cubicules. Les membres de la coop profitent d’un espace de travail ouvert, éclairé par de grandes fenêtres et meublé de tables où s’installer avec un ordinateur portable. Ils ont accès à une salle de réunion, un salon où rencontrer les clients, une cuisine équipée et un coin détente orné de gigantesques coussins où s’asseoir. Ils disposent aussi d’une connexion Internet, d’une imprimante et d’une photocopieuse, de même que du café et des muffins ! Tout ça dans une ambiance paisible, où les conversations à voix basse n’empêchent pas de travailler.

Les membres de la coopérative organisent divers événements, comme les Yulcamps, sorte de rassemblements pour partager et débattre sur des sujets, sans la structure typique d’une conférence. « On veut aussi que le lieu suscite les idées, la création », explique M. Otis.

Le Plateau comporte déjà quelques espaces de travail partagés, comme la Station C, sur le boulevard Saint-Laurent, où se trouvent beaucoup de créateurs de la vie numérique de Montréal, avance M. Otis. « Tellement de travailleurs autonomes sur le Plateau ont un rayonnement mondial. On ne soupçonne pas que Montréal a cette vitalité, ce sont souvent des travailleurs autonomes isolés, mais dont le rayonnement dépasse le quartier. »

Yves Otis aimerait créer un réseau entre tous ces espaces coopératifs de travail à travers la ville. Cela permettrait à un membre d’Ecto de visiter à l’occasion un autre espace de travail partagé, sans avoir besoin de devenir membre.Le Plateau serait sans doute un beau laboratoire pour développer ces projets, soutient-il.

On peut devenir membre de la coopérative en achetant une part pour 350 $. Ensuite, on choisit un forfait d’une journée par semaine jusqu’à temps plein. Ecto offre d’ailleurs une journée gratuite pour essayer. Pour informations : www.ecto.coop

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