Lors de la dernière séance du conseil d'arrondissement, les porte-paroles de deux comités citoyens se sont présentés au micro pour faire part de leurs préoccupations. Jean Cormier, résident de la rue Fullum, s'est exprimé au nom de ses voisins, appuyé par une pétition d'une trentaine de signatures, pour proposer des solutions pour y apaiser la circulation routière.
Selon lui, la présence de dos d'âne sur cette artère, où plusieurs automobilistes roulent rapidement et omettent de ralentir avant de les franchir, entraîne des problèmes de bruit et de vibrations pour les riverains. Cette situation serait exacerbée par le flux plus important qui transite par cette rue en raison des travaux sur D'Iberville.
Il a suggéré que ces structures soient remplacées par des ralentisseurs placés au centre de la rue et a demandé à ce que la signalisation autour du parc Baldwin soit revue, pour récupérer des espaces de stationnement.
« On a perdu 50 places autour du parc, dont 12 pour y aménager un accès. Il me semble que le retrait de deux ou trois espaces auraient été suffisant. Nous sommes très irrités et aimerions discuter avec l'arrondissement, pour atténuer l'impact de ces changements », a-t-il laissé savoir, calmement.
Le maire de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, a dit être ouvert à l'idée de retirer les dos d'âne. Toutefois, cette éventualité devra d'abord être évaluée afin d'en mesurer les répercussions sur la sécurité routière, tout au long de l'année. Il a rappelé qu'en l'hiver, les ralentisseurs sont enlevés.
« Si on les enlève [les dos d'âne], vous allez vous débarrasser des 35 % d'automobilistes qui n'arrêtent pas et foncent dedans. Par contre, si on les améliore, peut-être que 100 % des conducteurs vont ralentir », a-t-il dit, soulignant du même coup qu'un problème quant à la peinture utilisée pour marquer les dos d'âne les rendait plus difficiles à distinguer.
Pour apaiser la circulation, M. Ferrandez propose plutôt de les multiplier sur une même rue, pour justement éviter que les gens ne freinent avant de repartir en trombe. Quant aux balises, il a suggéré de les installer quelques mètres avant lesdits dos d'ânes, pour contraindre les conducteurs à ralentir.
L'édile du Plateau-Mont-Royal a aussi laissé savoir que quelques places de stationnement pourraient être récupérées sur la terrasse Mercure.
« Cet espace sur la terrasse Mercure n'a pas été créé pour donner accès au parc, mais plutôt pour le dégagement des rues. On a réétudié ça et on a réalisé qu'on a été trop généreux. Je pense que l'on pourrait redonner l'équivalent de neuf places et réévaluer le positionnement de la borne bixi, ce qui permettrait peut-être d'en récupérer trois de plus », a-t-il annoncé.
Consultation
Carole De Courval, une autre citoyenne, a déploré l'attitude de l'arrondissement tout au long du processus d'agrandissement du parc Baldwin.
« On fait partie du Plateau, sans réellement en faire partie. On n'a pas les mêmes besoins, c'est complètement différent. On n'a plus confiance et il y a des ouï-dire. On ne sait pas ce qui va se passer. On a perdu du stationnement et il y a des problèmes de sécurité routière. On nous a dit qu'on unifiait le parc pour protéger les enfants. Or, ça fait 37 ans que j'habite là et il n'y a jamais eu d'accidents. On nous impose des choses sans nous consulter », déplore la représentante du comité des citoyens des rues Chapleau et D'Iberville.
Le maire Ferrandez a tenu à la rassurer, lui indiquant que l'arrondissement Le Plateau-Mont-Royal était prêt à faire preuve d'ouverture.
« [Au parc Baldwin], on a fait un plan d'aménagement minimum. On a enlevé l'asphalte et le béton pour y mettre du gazon et de la pierre. Il y a aussi un projet pour une pergola. Je vais demander si c'est possible de le stopper pour que l'aménagement soit vraiment au minimum. On va ensuite pouvoir se questionner sur ce qu'on veut y faire. L'an prochain, on a un budget de 135 000 $ pour refaire le devant de la piscine. Je suis prêt à ce qu'on ne le fasse pas et qu'on mette cet argent-là de côté pour qu'un comité fasse valoir les besoins et les idées des riverains du parc, comme une scène ou un terrain de pétanque. Cet espace vert n'est pas aussi utilisé qu'il pourrait l'être, parce qu'il est séquencé. On pourrait faire un corridor botanique pour lier les zones. Plusieurs projets pourraient être étudiés.
« On peut faire preuve d'ouverture. Dans ce cas-ci, on a fait preuve de fermeture, je l'avoue, pour éviter une crise que l'on croyait inévitable avec un retentissement dans les médias qui aurait duré des mois », a confessé M. Ferrandez, ouvrant ainsi la porte à une certaine forme de consultation publique.

