Des allégations de fraude planent sur l'ancienne directrice générale (DG) de l'établissement. Après avoir été suspendue, elle a officiellement été démise de ses fonctions au mois de mars. Une enquête policière est en cours pour faire la lumière sur cette situation.
Selon d'anciens membres du conseil d'administration (CA) de l'organisme, il ne s'agirait que de la pointe de l'iceberg. Dans une lettre adressée aux membres, Étienne Beaulieu, qui siégeait sur le conseil avant d'être destitué par celui-ci, soulève plusieurs éléments qu'il considère être des incongruités dans la gestion de l'organisme.
« Ce document donne des pistes de compréhension par diverses actions et faits permettant de tracer le portrait ayant permis une fraude de plus de 120 000 $, une poursuite judiciaire de près de 50 000 $ ou plus, le vol du coffre-fort du resto, ainsi que différentes autres erreurs de jugement qui nous mettent dans le trou de 250 000 $, 300 000 $ ou 400 000 $ », peut-on lire dans le document de huit pages dont le journal Le Plateau a obtenu copie.
Selon lui, des problèmes de transparence, du favoritisme de la part des hauts dirigeants et un roulement important de personnel paralysent le Resto-Plateau. Dans sa lettre, M. Beaulieu soutient que pas moins de quatre comptables, trois vérificateurs externes et quatre ou cinq directeurs généraux se sont succédé dans des postes clés au sein de l'organisme en l'espace de quelques années, démontrant ainsi l'instabilité qui règne au sein de l'administration. Il fait également état de trois fraudes dont le Resto-Plateau aurait été la cible et d'un cas d'harcèlement psychologique.
Accusation non fondées, selon le président
Ces accusations sont non fondées, affirme Pierre Pineau, président du conseil administratif de l'organisme, qui réfute les accusations de négligence et de mauvaise gestion formulée à son endroit.
Selon lui, les cas présentés de fraudes antérieurs n'en seraient pas. Il parle plutôt d'un manque d'éthique de la part de l'ancienne DG qui aurait utilisé la carte de crédit de l'organisme à des fins personnelles dans le cas d'avances sur son salaire. Une situation qui aurait été réglée avec diligence par les administrateurs, lorsqu’elle a été portée à leur attention. Chaque sou aurait été remboursé.
Pour ce qui est de l'ampleur du déficit du Resto-Plateau, évaluée jusqu'à 400 000 $ par M. Beaulieu, M. Pineau ignore comment celui-ci a pu avancer des chiffres, dans la mesure où l'exercice financier en cours n'est pas encore terminé.
« Le déficit qu'a le resto pour le moment, il y en a une partie qui est attribuable à la fraude, l'autre est structurelle. Il s'agit de décisions prises par le passé, bien avant le retour de cette direction; certaines étaient bonnes, d'autres moins. Il y a eu trois DG qui se sont succédés et des circonstances particulières. Je n'ai pas le goût que ce bout-là du Resto-Plateau se retrouve dans le journal. On parle d'une accumulation de circonstances. On est en train d'analyser tout ça, avec un CA qui est désormais fonctionnel.
« C'est pour cette raison qu'on les a destitués. [NDLR: après le renvoi de la DG soupçonnée de fraude, trois administrateurs ont été renvoyés]. Ce qu'ils disent, c'est n'importe quoi. On vient de régler une bonne partie du problème, car ces gens ne respectent pas un minimum de confidentialité. »
M. Pineau se défend de manquer de transparence, insistant sur le fait que certains dossiers doivent être traités de manière confidentielle.
En ce qui a trait à la fraude alléguée, il soutient que toutes les démarches nécessaires ont été faites dans les délais requis. Le dossier est désormais entre les mains des forces de l'ordre.
« On a des témoins, des preuves, des documents pour appuyer ce qu'on avance. On ne jouera pas à la police, on va la laisser faire son travail », conclut-il.

