Selon lui, l'initiative « Piano des villes, piano des champs » s'inscrit dans « une centaine de petits projets » qui visent à se réapproprier les lieux publics. Il cite les exemples des tables de ping-pong qui ont été installées, notamment au parc Laurier.
« Depuis 40 ou 50 ans, on est de plus en plus raffiné dans ce qui nous appartient dans le domaine privé et on accepte de plus en plus la médiocrité sur le domaine public. Tu vas chez quelqu'un et tu vois où il a voyagé, ce qu'il porte et ce qu'il mange. Ç'a beaucoup évolué, tandis que nos rues, elles, se sont dégradées », fait-il valoir.
« Le surinvestissement dans le privé visait à se mettre à l'abri de tous les désagréments de la ville. Nous, ce qu'on essaie de faire, c'est de réintégrer l'agrément dans la ville. D'où vient ce réflexe de se protéger de notre propre ville? Il faut plutôt la vivre, et c'est ce qu'on a fait ce matin », renchérit son collègue, Richard Bergeron.
Selon l'édile du Plateau-Mont-Royal, le projet de rendre publics des pianos n'est pas particulièrement dispendieux et vaut amplement l'investissement.
« Il n'y a à peu près rien de moins cher qu'un piano. Les gens en jouent de moins en moins. Un piano comme ça coûte environ 350 $. Ce qu'on a vécu ce matin vaut largement ce montant », estime-t-il.
M. Ferrandez croit également que la population saura prendre soin des instruments mis à sa disposition.
« Qui voudrait voler un piano qui apporte autant de bonheur? À Londres et à New York, où l'on retrouve aussi des pianos, il y a eu très peu de vandalisme », indique-t-il.
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