Aujourd’hui Jean court quatre à cinq fois par semaine. Il se prépare pour le demi-marathon de Montréal, qui aura lieu le 23 septembre. Et il invite d’ailleurs les gens atteints de maladie mentale et ceux sensibles à cette cause à venir le rejoindre le samedi, au pied de la statue George-Étienne Cartier, pour courir avec lui.
« C’est en 2003 que j’ai commencé à avoir des symptômes. Puis, ça s’est développé au fil des années. Paranoïa, maladie mentale…Ce n’était vraiment pas une belle période de ma vie. J’avais pris du poids, je ne voulais pas prendre les médicaments, j’ai fait des rechutes et je suis allé à l’hôpital, souvent. J’y ai déjà passé six semaines de suite.
« Puis, en 2007, j’ai eu un diagnostic de schizophrénie. Le temps qu’on trouve le bon dosage pour mes médicaments et j’ai décidé de me reprendre en main, de repartir la machine. »
D’abord, de petites marches quotidiennes. Cinq minutes, puis dix. Après, la course est venue, tranquillement.
« Avec un ami, on se motivait et on courrait ensemble. La motivation était là, j’ai perdu le surplus de poids que j’avais, ma tête était bien. Je me suis dit que je voulais motiver d’autres personnes qui sont dans la même situation que moi à faire de l’activité physique. J’ai donc approché la Société québécoise de Schizophrénie (SQS) pour voir si je pouvais faire une campagne de financement avec eux, approcher des membres pour les inciter à l’activité physique, m’impliquer. Les gens là-bas ont été très réceptifs et on a pu commencer les entrainements rapidement. »
C’est ainsi que chaque semaine, des membres de la SQS et des sympathisants se réunissent pour courir.
« C’est très bon pour le mental, la course à pied. Ça libère l’esprit. Quand on fait de l’exercice, les symptômes de la schizophrénie diminuent. Et disons-le : c’est plus le « fun » de courir en groupe que seul », souligne Jean.
À la SQS, organisme qui vient en aide, informe, soutien et accompagne toutes les personnes touchées par la schizophrénie, on explique l’importance d’une telle activité pour les gens atteints et leur entourage. « Cette activité physique se déroule en groupe et cela aide à briser l’isolement. Ça fait aussi la promotion du rétablissement, car oui, la schizophrénie se traite et une personne atteinte peut avoir une vie satisfaisante », laisse entendre Tania Leduc, conseillère aux communications.
Campagne de financement
L’an dernier, Jean a amassé plus de 4000 $ pour la SQS. Cette année encore, il recueille des fonds pour l'organisme.
La SQS organise d’ailleurs un cinq à sept le 2 août à la promenade Bellerive où toutes personnes intéressées à s’investir dans le projet (bénévolat ou dons) sont invitées.
L’organisme Reprendre Pouvoir, qui a des locaux à Anjou, est mandaté pour assurer la coordination de cette activité.
« En plus, certains de nos membres, qui s’entrainent actuellement le samedi et qui côtoient Jean, participeront peut-être à la course d’un kilomètre du marathon. Quoi qu'il en soit, on sera présent sur place, la journée du marathon de Montréal », Mélanie Giroux, de Reprendre Pouvoir.
Pour les curieux, sachez que Jean a couru le demi-marathon d’Ottawa, au mois de mai dernier, en 1 h 35. Il espère donc faire mieux à Montréal, tout en aidant à démystifier la schizophrénie.
- Pour en savoir plus sur la schizophrénie et les services offerts par la SQS : www.schizophrenie.qc.ca.
- Pour rejoindre le groupe de course : www.facebook.com/MarathonSQS.
- Pour rejoindre Reprendre Pouvoir : www.reprendrepouvoir.org.
- Pour les gens intéressés à participer au cinq à sept du 2 août : melaniegiroux@reprendrepouvoir.org.

