C’est le cas notamment du personnel enseignant et des spécialistes qui travaillent à l’école primaire Saint-Pierre-Claver, située à l’angle du boulevard Saint-Joseph et de l’avenue De Lorimier.
Alain Marois, résident du Plateau et représentant de l’Alliance des professeurs de Montréal, a déposé une pétition comportant 133 signatures de professeurs et spécialistes de cinq écoles du Plateau, lors de la dernière séance du conseil d’arrondissement (3 juillet).
« Les gens qui ont signé le document ne bénéficient pas d’un stationnement hors rue. Le personnel scolaire sera donc affecté par cette modification de la réglementation et demande un sursis ou une mesure transitoire aux vignettes pour nous permettre, à la rentrée scolaire, de négocier un arrangement avec la Commission scolaire de Montréal (CSDM) ou l’arrondissement.
« On comprend que c’est important pour les résidents d’avoir des places de stationnement. Par contre, on est un service à la population pour les enfants du Plateau, il ne faudrait pas l’oublier. Pour les gens qui travaillent dans le milieu scolaire, il y a des horaires rigides qui sont imposés, on doit souvent transporter beaucoup de matériel ou se déplacer d’une école à l’autre, comme dans les cas des orthopédagogues, psychologues, travailleurs sociaux et des enseignants remplaçants. Plusieurs aussi habitent la banlieue. On doit donc se déplacer en voiture plusieurs fois dans la même journée et être capable de se garer », a fait valoir M. Marois.
Le maire de l’arrondissement Le Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, a indiqué que ce n’était pas la première fois qu’il recevait une telle demande de la part des travailleurs du Plateau. Il a entre autres cité l’exemple des infirmières des CLSC et CSSS du Plateau, ainsi que du centre Lucie-Bruneau.
« Il y a aussi les 232 chauffeurs d’autobus qui doivent se rendre au garage de la Société de transport de Montréal (STM), sur l’avenue du Mont-Royal, avant que les transports en commun ne soient en service. Dans le fond, tous les gens qui veulent venir sur le Plateau en voiture n’en veulent pas [des vignettes]. Est-ce que c’est légitime? Est-ce que vrai qu’ils ne peuvent pas faire autrement que de se promener en voiture? Dans l’esprit des gens, ce n’est jamais pour eux le transport en commun et le covoiture, ça ne fonctionne pas. Si on veut changer les choses, il faut mettre une contrainte forte », soutient M. Ferrandez, rappelant que 50 % de la rue sont sans vignettes.
Vignettes blanches
Le maire a aussi réitéré l’idée d’implanter des « vignettes blanches », c’est-à-dire des vignettes pour les personnes qui ne résident pas dans le secteur visé, mais qui sont prêtes à payer pour se stationner dans les zones réservées. Le prix de celles-ci serait égal au coût d’une passe mensuelle pour le transport en commun.
« De cette manière, les gens ont un vrai choix. Si on ne l’a pas encore proposé, c’est juste une question de temps. On travaille là-dessus et on est confiant d’y arriver.
« On veut s’assurer que l’on ne vend pas plus de vignettes blanches que de place de stationnement, pour éviter que lorsque les résidents reviennent le soir, ils aient de la difficulté à se garer. Une des difficultés pour l’instant réside dans la plage horaire. Il faut qu’on affiche de manière claire celle des vignettes régulières et celle des vignettes blanches. Il y a aussi la question de la facturation et la possibilité qu’il y ait un marché noir de vignettes régulières. On a pas encore trouvé de solutions », a expliqué M. Ferrandez.
L’arrondissement ignore toujours quand les « vignettes blanches » verront le jour.

