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Linda Gauthier, militante

Linda gauthier (Photo: Isabelle Bergeron)

Linda gauthier (Photo: Isabelle Bergeron)

Daphnée Tranchemontagne
Publié le 28 Juin 2012
Publié le 28 Juin 2012
Daphnée Tranchemontagne  RSS Feed

Le journal Le Plateau s’est entretenu avec la présidente du Regroupement des activistes pour l’inclusion Québec (RAPLIQ), Linda Gauthier, pour discuter d’accessibilité universelle à Montréal. Rencontre avec une militante convaincue et convaincante.

Sujets :
RAPLIQ , Regroupement , Commission des droits de la personne , Montréal , Québec

Confinée dans un fauteuil roulant, la résidente du Plateau ne se laisse pas mettre des bâtons dans les roues. Assoiffée de justice sociale, elle n’hésite pas à défendre ses droits et ceux des personnes en situation de handicap.

« Le drame du handicap, il n’est pas dans notre corps, ce n’est pas notre maladie; c’est plutôt les infrastructures. Ce sont les escaliers et les trottoirs trop étroits qui sont notre handicap.

« Si on arrête de parler de l’accessibilité universelle et de taper sur le clou en leur montrant [aux élus] que leur politique, ce n’est qu’un bout de papier, des vœux pieux, alors on est fait! Il faut toujours avoir le pied, ou devrais-je plutôt dire la roue, dans la porte. J’ai conscience que je suis fatigante quand je le fais. Mais lorsque j’ai décidé de devenir activiste, j’ai aussi décidé de ne pas être aimée par tout le monde », dit-elle, avec aplomb.

Même si sa démarche peut en déranger plusieurs, Mme Gauthier estime qu’elle a su rallier plusieurs personnes à sa cause.

« Tranquillement, le RAPLIQ essaie de créer des ponts avec différents organismes, notamment le Regroupement des aveugles et des amblyopes du Montréal métropolitain (RAAMM). Les gens commencent à nous connaître et voient qu’on n’est pas des anarchistes, ni des terroristes. Au début, le mot activiste faisait peur à bien du monde. En même temps, il y en a aussi qui n’aiment pas nos interventions musclées à la Commission des droits de la personne. On n’a peut-être pas autant de patience qu’eux autres. On n’a pas envie d’envoyer des lettres à n’en plus finir et attendre. On a choisi notre voie et ça donne des résultats.

« Des gens qui n’osaient pas se plaindre, de peur de représailles, prennent désormais la parole, sachant qu’ils sont représentés et appuyés par un groupe. Certaines personnes, notamment les aînés, considèrent qu’avoir accès aux mêmes activités et lieux que les autres, c’est un privilège, tandis qu’il s’agit plutôt d’un droit. Quand tu obtiens des appuis, tu gagnes aussi des ennemis. Je ne prête plus attention à ce qui se dit sur moi, car c’est sûr que je ne suis pas faite à 100 % en teflon », avoue-t-elle.

Lorsque le dossier de l’accessibilité universelle aux événements extérieurs publics (voir autre texte) sera réglé, Mme Gauthier envisage de faire pression auprès de la Régie du bâtiment, pour que les logements soient adaptés et accessibles.

À 55 ans, Mme Gauthier voit sa démarche militante comme « un héritage qu’elle laisse à sa gang qui se trouve derrière » elle.

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