Le réseau des Corporations de développement économique communautaire (CDEC) et des Centres locaux de développement (CLD) a dévoilé mardi son bilan 2007-2012, indiquant qu'il a contribué à générer 400 millions de dollars d'investissements dans les entreprises montréalaises.
« La force de notre réseau, c'est le partage et le transfert de notre expertise développée localement au profit de tous les Montréalais, pour que chacun puisse faire sa part dans le développement économique de Montréal », a déclaré Pierre Morissette, porte-parole du réseau des CDEC de Montréal.
En effet, plusieurs projets ont vu le jour avec l'appui de ce réseau comme le Cinéma Beaubien à Rosemont, les Fourchettes de l'espoir à Montréal-Nord, le Marché du bout de l'île à Pointe-aux-Trembles, l'Espace La Fontaine sur le Plateau Mont-Royal, la revitalisation de la rue Jean-Talon à Saint-Léonard ou encore la boulangerie Arhoma à Hochelaga-Maisonneuve.
Ces projets ont bénéficié, entre autres, de subventions de démarrage, de conseils en gestion et d'activités de formation.
Financement insuffisant
Même s'il considère que « les entrepreneurs sont au cœur de l'écosystème », le vice-président du comité exécutif et responsable du développement économique à la Ville de Montréal, Richard Deschamps, estime que « la ville ne reçoit pas des contributions proportionnelles à son poids économique ».
Québec alloue actuellement 20% de son enveloppe pour l'ensemble des CLD et CDEC de la province à Montréal. Ces investissements devraient plutôt représenter de 25 et 35% des sommes totales, selon Guy DeReprentigny, chef de division à la Direction du développement économique à la Ville.
Même son de cloche pour M. Morissette, qui ressent les effets de ce manque de financement.
« Nous n'avons pas d'argent neuf. Nos financements restent stables, donc nos investissements baissent », explique-t-il.
De plus, celui-ci compte sur la Ville pour améliorer la collaboration entre le réseau et les différents partenaires financiers. « Nous allons former un comité pour trouver des solutions à ce déséquilibre. On aimerait pouvoir disposer de ressources plus importantes », avance-t-il.
D'ailleurs, la prochaine entente qui liera la Ville et au réseau devra être discutée prochainement, puisque la précédente entente est arrivée à échéance le 31 mars.
Inquiétudes de l'opposition
À l'heure où plusieurs entreprises manufacturières ont fermé leur porte à Montréal, Louise Harel, chef de l'opposition à la Ville de Montréal, s'inquiète que la « forte croissance de l'immobilier masque le déclin industriel ».
Celle-ci déplore que sur les 17 milliards de dollars d'investissements immobiliers , seulement 0,5% concernent des projets industriels. « Nos parcs industriels sont vétustes et pourtant, notre demande de mise en place d'un forum sur l'avenir du secteur manufacturier a été repoussée », peste-t-elle.
Pour le chef de la deuxième opposition à la Ville, Richard Bergeron, la Ville devrait s'attarder sur à trouver des solutions à la « crise de l'emploi ».
«Il faut freiner l’exode vers les banlieues qui engendre un exode des emplois de service et il faut revoir la stratégie des grappes économiques qui bat de l’aile», soutient M. Bergeron.
En un an, près de 17 000 emplois ont été perdus à Montréal, selon l'Institut de la statistique du Québec.
Diversifier l'économie de Montréal
M. Morissette croit qu'il faut miser davantage sur les technologies de l'information, les initiatives vertes et les technologies de la santé pour assurer son développement économique.
Même si le secteur industriel fait mauvaise figure depuis quelques mois à Montréal, M. Morissette croit qu'il y a encore possibilité de développer ce secteur en se tournant vers l'économie de proximité et l'agriculture.

