C’est ce qui ressort du « bilan faim » annuel de l’organisme Moisson Montréal. Le nombre de personnes qui ont eu recours aux banques alimentaires est passé de 112 319 en 2008 à 148 160 en 2011. Seulement au cours de la dernière année, plus de 7 000 personnes se sont présentées à des comptoirs alimentaires, ce qui représente une hausse de 5%.
Et le constat est alarmant chez les personnes âgées de 65 ans et plus ainsi que les étudiants qui en bénéficient de plus en plus. Leur nombre a respectivement doublé et même triplé en trois ans. Plus de 5 000 aînés ont reçu de l’aide alimentaire en 2011, alors qu’il y en avait seulement un peu plus de 1 500 en 2008.
Ceux qui habitent loin des marchés d’alimentation et qui éprouvent une perte d’autonomie sont les principaux visés, considère Linda Tremblay, directrice du carrefour St-Eusèbe, l’une des banques alimentaires desservies par Moisson Montréal.
« Nos livraisons à domicile ont doublé au cours de la dernière année », précise-t-elle.
Chez les étudiants, il a été question de 3 351 prestataires en 2001 comparativement à quelque 800 personnes trois ans plus tôt.
« On peut en déduire qu’il est difficile de subvenir à tous ses besoins lorsqu’on est étudiant et que l’on travaille à temps partiel », estime Dany Michaud, directeur général de Moisson Montréal.
Banques à sec
Incapables de suffire à la demande, plus du tiers des banques alimentaires de la métropole, soit 41% d’entre elles, ont manqué de nourriture l’an dernier.
M. Michaud explique cette situation par une baisse significative des dons. « Ça devient de plus en plus difficile d’aller chercher des dons auprès des entreprises. Il faut donc être plus créatif pour aider nos organismes », avance-t-il.
Pour éviter de reproduire une telle situation, Moisson Montréal compte établir de nouveaux partenariats pour garantir des aliments de base en permanence aux personnes et familles dans le besoin, comme avec la Fédération des producteurs d’œufs de consommation du Québec.
Par ailleurs, l’organisme implantera un nouveau système informatique dès janvier pour coordonner les activités entre les différentes banques alimentaires de son réseau et ainsi, minimiser le gaspillage des aliments.
Moins de paniers de Noël cette année?
Moisson Montréal distribue environ 15 000 paniers de Noël chaque année, mais n’a réussi qu’à recruter une trentaine d’entreprises jusqu’à maintenant pour sa campagne.
« Avec la température actuelle, les gens ne se sentent pas encore dans l’esprit du temps des Fêtes. Par contre, nous, on est en plein dans les préparatifs », s’inquiète M. Michaud. Celui-ci espère tout de même atteindre son objectif.
L’aide alimentaire en chiffres
41 258 enfants aidés mensuellement
Moisson Montréal compte 212 organismes communautaires qui offrent un service de repas et de provisions
61% des bénéficiaires sont célibataires, 31% des familles ont des enfants et 8% sont des couples sans enfant.
