La refonte de la carte électorale vise à prendre en considération l'évolution de la population dans la métropole. Ainsi, une 19e circonscription verra le jour sur l'île de Montréal.
« Quand on ajoute un comté, c’est clair que toutes les limites tombent sur l’île. Je ne pense pas qu’il y en ait une qui soit restée intacte. C’est la conséquence », a indiqué le juge Jules Allard, qui préside la commission, en entrevue avec l'Informateur de Rivière-des-Prairies.
« Normalement, ce qu’on veut protéger, c’est [l’intégrité des] municipalités, qui sont les gouvernements de base. Par exemple, il y a les arrondissements [en ville], et en milieu rural, il y a les MRC [municipalité régionale de comté]. »
Répercussions sur le Plateau
Laurier – Sainte-Marie, telle qu'on la connait, chevauche les territoires du Plateau-Mont-Royal, du Centre-Sud et de l'île Sainte-Hélène.
Dans le plan proposé, la nouvelle circonscription Plateau – Mile End calquera les limites de l'arrondissement Le Plateau-Mont-Royal. La portion de l'ancienne circonscription Laurier – Sainte-Marie située au sud de la rue Sherbrooke, quant à elle, sera comprise dans les territoires rebaptisés Ville-Marie et Hochelaga.
Afin de sonder l'opinion de la population sur ces changements, des audiences publiques sont prévues.
« C’est perfectible. Nous ce qu’on veut, c’est la meilleure carte possible, pour tous les citoyens. On n’est pas là pour s’obstiner avec personne », soutient le juge Allard.
Ce qu'en pense la députée Laverdière
Ces modifications à la carte électorale ne semblent pas inquiéter outre mesure Hélène Laverdière, députée néodémocrate de Laurier – Sainte-Marie.
« Je suis bien heureuse de la diversité de ma circonscription actuelle, avec le Plateau, le Centre-Sud et le Village. C'est sûr qu'il y a une certaine logique à regrouper le Plateau et le Mile End.
« Il y a peut-être quelques ajustements à faire à Montréal et dans la couronne nord. Mais de manière générale, ça fonctionne quand même bien », estime-t-elle.
Ce qui pose problème, selon elle, c'est la disparition d'une circonscription dans le bas du fleuve. Afin de respecter le nombre d'électeurs par territoire, le redécoupage suggère de fusionner certains comtés de cette région.
« Ça en créerait trois qui figureraient parmi les plus populeuses du Québec, alors qu'on sait très bien que les territoires sont vastes. Je crois que l'on devrait accepter de faire des exceptions, au besoin, dans les régions. »
À savoir s'il est judicieux de se baser sur les limites des arrondissements pour définir les circonscriptions, Mme Laverdière considère que ça ne change rien. Ce qui importe, c'est que les citoyens soient bien représentés.
« Il y a trois paliers de gouvernement. On travaille avec le provincial, mais avec le municipal aussi. L'important, c'est qu'on travaille ensemble. Dans ma circonscription, je n'ai pas vraiment de problème avec ça. L'essentiel, c'est que les gens soient bien représentés », avance Mme Laverdière.
Advenant l'adoption du plan suggéré, est-ce que son siège serait menacé, lors des prochaines élections ? La députée Laverdière ne se dit pas inquiète, rappelant que le scrutin est encore loin.
On peut consulter la proposition de redécoupage au www.redecoupage-federal-redistribution.ca. Les audiences montréalaises de la Commission sont prévues les 9, 12 et 14 novembre, dès 9 h 30, au 500, boul. René-Lévesque Ouest, salle 17.304.

